LETTRE DES ASSOCIATIONS MEMBRES DE LA C.C.E. DE LA BA 115
AU PREFET DE VAUCLUSE
Association de défense
de la qualité de vie et du tourisme dans le Haut-Vaucluse
Association Jonquièroise contre les nuisances aériennes
Association Courthézonnaise de défense contre le bruit
Association de défense du massif d’Uchaux
Monsieur le Préfet,
La dernière réunion de la Commission Consultative de l’Environnement de la BA 115 d’Orange s’est tenue le 15 janvier 2003 et n’a pas permis que les questions préparées par les associations de riverains et de défense de l’environnement, en concertation avec les co-présidents de la Commission nationale mixte défense-environnement, soient sereinement examinées.
Lors de cette séance le Comité Permanent dont la création était prévue par la Charte de l’Environnement sonore de la BA 115, a été partiellement constitué par la seule désignation des représentants des associations. Sa composition complète n’a par la suite pas été communiquée aux membres de la C.C.E et son règlement intérieur jamais établi.
Il n’a été réuni qu’une seule fois le 25 mai 2004, sans ordre du jour et par convocation précipitée de ses membres n’ayant pas permis à nos représentants d’organiser une réunion préparatoire.
Depuis les pouvoirs publics ont pris un certain nombre de décisions entrant en vigueur le 1er juillet prochain, qui consacrent d’une part la disparition du Comité Permanent et d’autre part une restriction excessive du fonctionnement de la C.C.E.
Il apparaît dans ces conditions que les instances de concertation dont le fonctionnement était cependant très loin d’être satisfaisant, ont fait l’objet d’une volonté de réduire le débat démocratique. Les citoyens concernés par les problèmes de nuisances et d’environnement avaient la possibilité de s’exprimer par la voix de ses associations qui, détachées des intérêts électoraux ou de carrière, pouvaient intervenir objectivement et défendre la cause de leurs mandants.
Les citoyens n’auraient-ils donc plus qu’à subir sans se défendre, les nuisances, les pollutions et les risques, dont on cherche à occulter l’incidence sur les habitants des pays d’Orange ? Ceci ne peut en aucun cas améliorer l’image de l’armée de l’air, largement écornée depuis près de 3 ans par une revirement à 180°, de son comportement à l’égard de la population civile.
Nonobstant les propos péremptoires tenus ou écrits ici et là, sur la rigueur avec laquelle la Charte de la BA 115 est respectée, essentiellement par ceux qui ont évidemment tout intérêt à en convaincre l’opinion publique, il est cependant incontestable qu’un certain nombre de ses dispositions ne sont pas appliquées, d’autres fréquemment violées, et en tout état de cause les moyens d’en contrôler l’application restent entre les mains des autorités qui n’en dispensent aucune preuve.
Le juste équilibre voulu par toutes les parties, ne peut être atteint que s’il est donné la plus grande satisfaction possible à chacune d’elles. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.
Les associations ont toujours dit et répété que la situation nouvelle créée à l’automne 1998 avait été une brutale et soudaine aggravation de la situation antérieure, et leur première exigence avait été un retour à cette situation.
Cela ne voulait pas pour autant dire qu'elle était satisfaisante comme veut le faire croire l’armée de l’air, car c’est faire trop facilement abstraction des nombreuses plaintes que des protestataires inorganisés, adressaient un peu à tout le monde depuis 50 ans : à la base, au maire, au préfet, au ministre.
Aujourd’hui, à l’approche du 3ième anniversaire de la Charte, il est important qu’un bilan concret, sincère et objectif, soit tiré en commun et l’état de la situation actuelle évalué.
A la signature de la Charte les associations ont à l’unanimité exprimé leur sentiment selon lequel nous venions de franchir une première étape sans que pour autant considérer avoir mis un point final aux tensions existantes.
C’est d’ailleurs, dans cet esprit, que les élus et les associations ont obtenu que les thèmes à aborder pour la poursuite de la concertation soient mentionnés dans la résolution annexée à la charte.
De nombreux problèmes subsistaient qui n’avaient pas été abordés, certains autres ont été repoussés ou éludés, mais qui sont maintenant à examiner avec attention et une véritable volonté de les régler au mieux des intérêts de la population.
La principale raison de notre engagement dans l’élaboration et la conclusion de la Charte, a été que soit inscrit dans son préambule qu’elle n’était pas un document figé et qu’elle était appelée à évoluer et à se compléter notamment en fonction des attentes des riverains.
Les associations ont toujours défendu un tronc commun d’exigences, mais elles représentent aussi chacune un secteur géographique particulier, avec des arguments personnels à faire valoir et des attentes à satisfaire. Il n’est pas concevable que l’Etat et l’Armée de l’air soient remontés sur leur piédestal et se contentent d’administrer et de manoeuvrer en ignorant à nouveau les réalités vécues par le peuple.
En conséquence nous vous demandons, Monsieur le Préfet, de provoquer la reprise de la concertation sur la base d’une renégociation de la Charte, mais également en n’écartant plus comme cela a été fait jusqu’à présent, les questions qui relèveraient exclusivement de la compétence de l’Etat.
Nous sommes disposés à participer à toute structure à laquelle vous jugeriez bon de faire appel, C.C.E. comprise bien évidemment.
Nos associations seraient très sensibles à une réponse dans les meilleurs délais et, en tout état de cause, avant la fin du mois de MAI 2005.
Dans cette attente, soyez assuré, Monsieur le Préfet, de notre considération distinguée.
Les Présidents,
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