20 millions d'euros de subvention et/ou d'aide de l'armée de l'air (donc des contribuables) pour en arriver à ça !

Les Chevaliers du ciel selon Télérama

Un clip (très long) à la gloire de Dassault ? Une campagne de promotion pour l'Armée de l'air ? En tout cas, cet « ovti » (objet volant trop identifié) n'avance pas masqué. Très librement inspirés de la série télé, ces Chevaliers du ciel sans Tanguy et Laverdure mais avec Marchelli (Magimel) et Vallois (Cornillac) narrent les aventures du duo, en butte au pouvoir d'Etat et à de dangereux terroristes arabes de mèche avec un général australien (?). Le florilège de loopings et autres acrobaties aériennes filmées au plus près est assez spectaculaire, mais vite lassant. Philippe Torreton et sa coiffure impossible (une moumoute ?), Alice Taglioni transformée en Bibendum dans sa combinaison de pilote et la forte teneur en vulgarité (« le manche bien dur de l'appareil » est un leitmotiv) ne risquent pas de relever la cote de Gérard Pirès, qui avait signé le premier Taxi. J.M.
Jacques Morice


L'Express du 10/11/2005
Les Chevaliers du ciel pour l'express c'est "bof"

par Julien Welter
Après la BD, le feuilleton télévisé, voici le film signé par Gérard Pirès. Pour les amateurs d'aviation de chasse, un film looping.

 

LES CHEVALIERS DU CIEL d'après le Nouvel Obs


D’accord, les dialogues culminent au niveau école maternelle, le scénario greffe une vague intrigue terroriste sur un projet qui n’en demandait pas tant, et le duo Benoît Magimel/Clovis Cornillac (il tourne peut-être un peu beaucoup en ce moment, non ?) échoue spectaculairement à traduire la moindre complicité. Mais les séquences d’évolutions aériennes, d’une virtuosité technique et matérielle inédite, sont carrément époustouflante s. B. A.
Film d’aventures français. Avec Benoît Magimel, Clovis Cornillac, Géraldine Pailhas. 1h42.
Bernard Achour


http://www.lefigaro.fr/culture/20051109.FIG0194.html?082144


Les chevaliers du ciel selon "Le Point"

François-Guillaume Lorrain
« Tanguy et Laverdure » était une BD signée Uderzo et Charlier. Adaptée à la télé dans les années 60 sous le titre « Les chevaliers du ciel », la voilà dépoussiérée, avec Mirage 2000 à la clé, par le réalisateur de « Taxi ». L'ambition était claire : réaliser un « Top Gun » à la française, grâce à la collaboration - avions, base militaire d'Orange - de l'armée de l'air. Celle-ci peut s'en féliciter : les séquences en vol - 40 minutes - en mettent vraiment plein la vue. Hélas, le réalisateur de « Taxi » est plus intéressé par la carlingue et ses fuselages que par les acteurs. L'intrigue sur fond d'espionnage, trop prévisible, ne décolle jamais : on dépiste les méchants dès la première minute. Magimel, en beau gosse taciturne, Cornillac en tête de lard ruant dans les brancards, forment un duo caricatural. Il y a donc plus de « ciel » que de « chevaliers » dans ce « meeting » beau comme un Salon du Bourget.

Cahiers du Cinéma

Emmanuel Burdeau
Dix minutes pendant lesquelles les haut-le-coeur du personnage Coste -"Oh putain !"- pourraient bien être ceux de l'actrice Pailhas confrontée à des frissons, inédits. Bel abandon, tout à coup (...) La suite demeure certes de basse convention (...) Reste que ce cadeau suffit à rendre l'ensemble intrigant (...) "Cahiers du Cinéma" en ligne
"Les Chevaliers du ciel" : le chef d'escadrille ("Le Monde")
Revenu après dix-huit ans d'absence aux affaires cinématographiques en 1998 avec Taxi, Gérard Pirès (Erotissimo, 1968, Elle court, elle court la banlieue, 1972...) quitte aujourd'hui le ras du bitume pour le ciel avec ces Chevaliers du même nom, inspirés de la bande dessinée de Charlier et Uderzo, laquelle avait déjà donné naissance dans les années 1960 à un aimable feuilleton de l'ex-ORTF.
D'une très grosse production l'autre - avec en épicentre l'attentat du 11 septembre 2001 - le moins qu'on puisse dire est que le décollage est vertical, qui nous fait passer des aventures d'un sympathique chauffard beur, outlaw de la sécurité routière et auxiliaire rétif de la police nationale, à celles d'un héroïque tandem de pilotes de l'armée de l'air française confrontés à un complot terroriste dirigé dans l'ombre par un huileux métèque.
Même en tenant compte de la passion de Gérard Pirès pour l'aéronautique, les sensations fortes et le cinéma hollywoodien, on aimerait pouvoir ne serait-ce que sourire de cette désinvolture typologique et cocardière. Ce faisant, on touche du doigt le principal écueil du film, qui tient à la disproportion de l'équipement entre les domaines du spectaculaire (le film d'action) et de la dramaturgie (le film d'espionnage). Activement soutenu par le ministère de la défense et l'armée de l'air, le premier de ces volets est doté de tous les atouts du Mirage 2000, monstrueuse puissance métallique dont les circonvolutions et prouesses aériennes, filmées sans trucage, fournissent des images aussi impressionnantes qu'inédites. En revanche, le volet des ressources narratives et humaines ne dépasse guère les performances d'un vélomoteur.
Transformés en Marchelli (Benoît Magimel) et Vallois (Clovis Cornillac), les ex-Tanguy et Laverdure, qui gagnent en solennité macho-nationaliste ce qu'ils perdent en improbable fantaisie, se retrouvent plongés dans un sombre complot terroriste qui vise à dérober un Mirage de l'armée de l'air française afin de perpétrer un attentat lors du survol exceptionnel de la capitale qui a lieu le 14 juillet. Le résultat de ce déséquilibre est en l'espèce désastreux, puisqu'il fait sévèrement battre de l'aile aux Chevaliers du ciel.

Les Chevaliers du ciel selon Chronic'Art


Maverick et Iceman, nouvelles recrues de l’US Navy sont de vraies têtes brûlées. Ils feront leurs preuves et deviendront des pilotes émérites après quelques déconvenues et une mission périlleuse. Quoi, un remake français de Top gun ? Même scénario, ou presque, même mise en scène pompière, et surtout mêmes airs d’opération de communication de l’armée de l’air déguisée en film grand public. Quelque chose laisse pourtant penser que les mômes d’aujourd’hui ne vont pas être nombreux à se presser aux bureaux de recrutement de Michèle Alliot-Marie après avoir vu Les Chevaliers du ciel. Sans doute parce que ce film souffre d’un syndrome de la fausse bonne idée -dit "Syndrome Michel Vaillant" depuis le colossal bide de la production Besson éponyme, voulant qu’un film tiré d’un patrimoine culturel puisse être fédérateur. En l’occurrence, ici, une série télé et une BD aujourd’hui connue seulement des plus de cinquante ans, donc a priori très loin du public adolescent qui fait, dit-on, le gros des entrées.
Et puis surtout, Les Chevaliers du ciel version 2005 ont plus à voir avec Taxi qu’avec le support originel. Via la présence de Gérard Pirès à la réalisation, mais aussi par le ton général du film : cette absence absolue de matière à jouer pour les comédiens se dépatouillant comme ils peuvent de dialogues atterrants, cette inconséquence de scénario ou son aspect antidaté, de sa misogynie aux méchants de service, des terroristes arabes que même Kadhafi trouverait caricaturaux. Sans compter la part de marketing au bord du mercantilisme (l’apport de l’Armée de l’air en appareils et pilotes a permis au film de ne coûter "que" 20 M€ et garanti une couverture télé maximale depuis six mois). Si l’on peut malgré tout pousser des "oh" et des "ah" devant des scènes aériennes ultra-spectaculaires, comment ne pas penser, lorsqu'on apprend que chaque avion prêté était équipé de cinq caméras les filmant sous tous les angles, que c’est le minimum syndical d’un film ne reprenant finalement rien moins que les techniques utilisées par Jacques Séguéla dans les années 80. Vous vous souvenez du spot pour une bagnole propulsée d’un porte-avion pour atterrir sur un sous-marin ? Les Chevaliers du ciel est du même acabit, une superproduction publicitaire qui ne passe qu’un seul mur du son, celui du 5.1 des home cinéma ou d’une B.O. dont certains morceaux seront peut-être repris par la prochaine promotion de la Star Ac’.

Un attrape-couillon absolu, à moins de vouloir participer de sa poche à cette ode au Mirage 2000, en finançant l’Armée de l’air…
Alex Masson

 

 

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