© Libération 23 août 2004

 

La collision d'un Mirage 2000 avec un ULM fait deux morts


Parti d'Istres pour un vol d'entraînement, l'appareil de l'armée de l'air a percuté lundi matin l'ULM dans le Puy-de-Dôme. La ministre de la Défense a demandé un enquête.
Par Liberation.fr

lundi 23 août 2004 (Liberation.fr - 16:31)

Cette fois, l'armée de l'air, confrontée depuis un an à des incidents en cascade, ne pourra pas s'abriter derrière la loi des séries. Et devra expliquer publiquement comment un Mirage 2000 N qui effectuait un vol d'entraînement a pu percuter un ULM, lundi matin au-dessus du Puy-de-Dôme (Auvergne) tuant ses deux occupants. L'appareil, un avion de combat biplace de la base aérienne 125 d'Istres (Bouches-du-Rhône), effectuait un vol à vue en patrouille avec un autre avion lorsqu'il est entré en collision avec l'ULM, vers 09h30 à Aubusson d'Auvergne, à l'est de Clermont-Ferrand. Son pilote, âgé de 63 ans, détenteur d'une licence de vol en cours de validité, ainsi qu'un touriste parisien de 55 ans ont trouvé la mort. Le Mirage accidenté s'est posé sur l'aéroport de Clermont-Ferrand.
La ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, qui a exprimé dans un communiqué «sa profonde émotion» a immédiatement exigé que toutes les lumières soient faites sur les circonstances de l'accident. «Au-delà de l'enquête technique, le ministre de la Défense a demandé au chef d'état-major de l'armée de l'air de diligenter immédiatement une enquête de commandement pour établir, dans les plus brefs délais, les circonstances de ce drame et les différentes responsabilités, afin d'en tirer toutes les conséquences», a indiqué le ministère. Pour l'heure, un officier du Sirpa-air précise: «De mémoire, c'est la première fois qu'on a un accident impliquant un petit aéronef civil. C'est l'enquête qui déterminera les circonstances de la collision. Quelles étaient les hauteurs des uns et des autres, pourquoi ils se sont touchés?».
Selon les premiers éléments de l'enquête, la collision s'est produite alors que la patrouille volait à 500 pieds d'altitude (150 mètres). «A cette altitude-là, c'est du vol à vue car les radars ne sont pas en mesure de détecter un appareil», précise le ministère de la Défense. L'ULM, qui avait décollé d'Ambert, s'est écrasé «en zone forestière», à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Thiers (Puy-de-Dôme), où d'importants moyens ont été mobilisés pour ramasser les débris.
Cet accident dramatique vient s'ajouter à une longue série noire: entre mars 2003 et mars 2004, dix-sept militaires ont été tués au cours de six accidents aériens. C'est trois fois plus qu'au cours des six années précédentes. Interrogé en mai dernier par Libération, le général Richard Wolsztynski, chef d'état-major de l'armée de l'air avait évoqué un phénomène «statistique» et rappelé que «sur dix ans, notre taux d'accident est resté comparable à celui des autres grandes armées».

 

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