Le sacrifice durable des riverains d'aéroport


Intervention de Dominique Voynet au Congrès de France Nature Environnement.

Je ne saurais évoquer l'aménagement du territoire sans parler d'un sujet qui a fait couler beaucoup d'encre dans cette région, à savoir l'aéroport de Beauvilliers. J'ai proposé à mon collègue Jean-Claude Gayssot une approche d'aménagement du territoire qui s'applique aussi bien à ce projet qu'à la question de l'extension de Roissy.
On observe qu'avec près de 60 millions de passagers en 1996 les aéroports de Paris constituent de loin avec Londres l'une des deux principales plates-formes européennes. La capitale dispose d'ores et déjà de l'outil lui assurant l'ouverture mondiale nécessaire à son rôle économique et à son rayonnement.
L'écart entre les aéroports de Paris et le second aéroport français s'établit dans un rapport de un à dix, à la différence de ce qui est observé dans les autres pays européens où ces écarts sont de un à trois ou un à cinq.
Cette politique ne saurait être poursuivie. Elle accumule en Ile-de-France, dans un milieu fortement urbanisé, toutes les contraintes de nuisances de ce développement. Elle interdit aux autres grandes agglomérations françaises d'avoir une desserte internationale du niveau de leurs homologues européennes.
J'ai donc proposé à Monsieur Gayssot que la priorité de l'action gouvernementale en la matière soit, en rupture avec les pratiques précédentes, de privilégier le développement du trafic international de voyageurs sur les quelques aéroports de province ayant les meilleures chances de développement, à commencer par Lyon-Satolas.
La réussite de cette nouvelle politique permettrait de limiter la pression de la demande sur les aéroports de Paris et de rendre sans objet le projet de troisième aéroport du bassin parisien. C'est dans cette optique que je souhaite que soient élaborés les schémas de transports issus de la loi d'orientation d'aménagement et de développement du territoire que je viens d'évoquer.


mardi 3 octobre 2000, 16h57

Veto des Verts à un troisième aéroport près de Paris

PARIS (Reuters) - Le député Noël Mamère a affirmé que les Verts pourraient quitter la majorité plurielle si "d'aventure" un troisième aéroport était construit en région parisienne pour soulager Roissy et Orly.

"Si, d'aventure, un troisième aéroport devait se faire, je pense qu'il y aurait beaucoup de souci à se faire pour le maintien des Verts dans la majorité plurielle", a dit le député-maire de Bègles (Gironde) dans les couloirs de l'Assemblée nationale.

"On ne joue plus à se faire peur. Il faut que le Premier ministre et ses amis comprennent que les coups de théâtre, comme ceux qui ont eu lieu au moment de la crise du pétrole, c'est peut-être un premier avertissement mais qu'il n'y en aura pas deux et que, contrairement à ce qu'il pourrait croire, les Verts ne sont pas accrochés à leurs sièges", a-t-il ajouté.

"Nous avons suffisamment de courage pour dire ce que nous avons à faire", a-t-il insisté.

Noël Mamère a également dénoncé les projets du gouvernement en matière d'autoroutes. "C'est un coup de canif dans nos accords de 1997, c'est une manière de mépriser les Verts dans leur position au sein de la majorité plurielle", a-t-il estimé.


Note UFCNA