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Le 25 juillet dernier, la tragédie qui a frappé la communauté aéronautique a endeuillé le monde entier. Concorde, ce bel oiseau blanc, s'est écrasé sur un hôtel de Gonesse, après seulement quelques minutes de vol. Ouelle qu'en soit la cause, cette catastrophe est la part de risque qui reste inhérente à toute activité humaine, même dans les systèmes les plus sophistiqués. Et voilà balayé d'un revers de mots la mort de quatre riverains écrasés par " le bel oiseau blanc". Le rôle d'ADP ne serait il pas plutot de nous donner des informations sur la façon dont été traité les familles des victimes riveraines . Cette ocultation de l'information ne relève absolument pas l'image du gestionnaire des aéroports parisiens. Cet accident relance la question du troisième aéroport en région parisienne. Jean-Claude Gayssot, ministre des Transports, aura peut-être tranché quand vous lirez ces lignes, mais la problématique de l'aéroport à la campagne n'en sera pas résolue pour autant. Catalyseurs d'activité, les aéroports ont besoin d'hommes: de voyageurs d'abord, d'employés ensuite. Les riverains de Dorval, I'aéroport de Montréal, lassés du bruit des avions, ont obtenu dans les années 60 du gouvernement canadien qu'un nouvel aéroport soit construit, très éloigné de la capitale, en pleine campagne. C'est Mirabel. Mais il n'a pas fallu dix ans pour que son développement soit interrompu, faute de passagers et de compagnies aériennes. Aujourd'hui, seuls quelques vols charters et des vols cargos parcourent son tarmac. Ouand, à la fin des années 50, les autorités francaises ont décidé de construire CDG, il n'y avait là que quelques fermes et de tout petits villages. Le site semblait idéal, sinon un peu trop éloigné du centre de Paris. Le reste, c'est de l'Histoire. FAUX: Toutes les villes situées entre dix et vingt km qui subissent actuellement des nuisances importantes des flux aériens existaient déjà !Argenteuil, Le vesinet, sarcelles, st Gratien, Montmorency etc...... Le TGV reliant l'aéroport au centre de Paris serait certes la solution pour les voyageurs, mais qu'en est-il pour les futurs employés ? Accepteront-ils de se loger à plus de 50 kilomètres de leur lieu de travail ? D'être obligés de s'y rendre en voiture ? Combien de temps faudra-t-il pour qu'une zone pavillonnaire soit créée au bout des pistes ? Un supermarché, une école et un garage ? Un aéroport est une zone d'activité qui attire; I'urbanisation autour est un phénomène naturel et inévitable.- |
La construction d'un troisième aéroport international dans le grand bassin parisien à plus de 100 km de la capitale ne serait pas, selon vous, la solution pour régler et le problème de la sécurité des riverains, et celui de la protection d'un environnement largement mis à mal par le transport aérien (atteintes intolérables à la qualité de la vie, dépréciation du patrimoine immobilier, paupérisation inéluctable des villes ou des quartiers les plus touchés). Quelle que soit l'évolution de la technologie, un aéroport restera et pour très longtemps encore, une installation qui ne fera pas bon ménage avec l'habitat traditionnel. Ce n'est pas en faisant dire à la jurisprudence qu'un aérodrome n'est pas une installation classée pour la défense de l'environnement, donc non assujettie à la réglementation, que vous réglerez le problème. La plupart des sites aéroportuaires actuels ont été choisis au début du siècle dans une France à dominante rurale où l'activité aéronautique ne se posait pas en terme de nuisance. Aujourd'hui, l'évolution de la technologie, le développement du transport aérien, les aspirations environnementales, font qu'une réflexion moderne en terme d'aménagement du territoire s'impose et doit être conduite dans l'urgence faute d'avoir été anticipée par "la techno-structure", structure française plutôt conservatrice que visionnaire ! Il y aurait certainement beaucoup à dire sur les conditions de déplacement de ceux qui doivent accéder ou sortir des plates-formes parisiennes par la route (voyageurs ou travailleurs), lorsqu'aux heures de pointe, il ne faut pas moins d'une heure pour parcourir les 15 km d'autoroute qui séparent Orly des portes de Paris. Enfin, rien n'interdit de réfléchir à un urbanisme totalement planifié et adapté à la vie dans un environnement aéroportuaire, cette option ne pouvant être transposée sur les plates-formes actuelles d'Orly ou de CDG puisque cela équivaudrait à "raser" la plupart des villes riveraines, ce qui est socialement inacceptable. Quant à balayer d'un revers de main le fiasco de la protection de la plate-forme de Roissy CDG "le reste c'est de l'histoire", cela me semble facile et peu responsable, car enfin si "à la fin des années 50, il n'y avait là que quelques fermes et de tous petits villages", pourquoi a-t-on attendu 17 ans pour publier le Plan d'Exposition au Bruit destiné à y réglementer l'urbanisme ? Incurie ou sombres calculs spéculatifs ? La responsabilité de l'Etat en la matière est totale et je suis pour le moins inquiet pour l'avenir lorsque le rédacteur (anonyme) de l'article ose conclure : "l'urbanisation autour d'un aéroport est un phénomène naturel et inévitable". R. VAYRAC |
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