Association de defense du val d'oise contre les nuisances aeriennes de roissy

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TEXTE du courrier adressé le 18 Juillet à l'attention de Monsieur Bernard PONS, Ministre des Transports.

 

Monsieur le Ministre,

Aujourd'hui 18 Juillet 1996, dernier jour de la période d'enquête publique sur le projet d'extension de l'aéroport Charles de Gaulle, l'actualité vient de nous rappeler d'une manière dramatique un aspect de ce dossier qui n'est généralement abordé qu'avec beaucoup de pudeur et d'appréhension.

Il importe pourtant de ne pas se voiler la face.

Un Boeing 747 de la TWA vient d'exploser en vol, à 24 km seulement de son décollage de l'aéroport Kennedy, faisant 220 morts. La situation de cet aéroport a heureusement permis que cette catastrophe épargne les populations riveraines.

Mais on ne peut que penser avec angoisse à ce que sera ce même type d'accident au décollage de l'aéroport de Roissy : vingt quatre kilomètres, et c'est la ville de Sannois recouverte d'un déluge de feu et de débris mortels, décuplant la comptabilité macabre des victimes.

Quelques jours auparavant, un autre gros porteur s'écrasait à l'atterrissage dans les faubourgs de la ville hollandaise d'Eindhoven.

La lettre de l'Expansion vient de faire état ( n° 1313 du lundi 17 juin 1996) d'une étude sur les risques aériens, dans laquelle il est mentionné une probabilité d'un crash aérien important par semaine dans le monde au début de la prochaine décennie.

Si d'aventure vous envisagiez de faire l'impasse sur cette réalité, une éventuelle catastrophe entraînerait un scandale dans lequel les riverains qui font confiance à notre action nous obligeraient à dénoncer votre responsabilité pleine, avec les conséquences qui en découleraient.

Nous voudrions espérer que ces faits et ces études sur le risque pour des populations riveraines désarmées fassent partie de vos toutes premières préoccupations et vous engagent à arrêter un projet pour lequel existent des alternatives qui ne prennent pas en otage la vie et la sécurité de ces populations.

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de nos sentiments distingués.

 

Claude Carpentier

Président