La situation particulière de l'aéroport d'Orly,
implanté et développé dans un environnement
fortement urbanisé qui en subit les nuisances mais bénéficie
aussi de ses retombées économiques, justifie pleinement
la recherche en commun, avec tous les partenaires concernés,
des conditions propres à assurer le développement
durable de la plate-forme.
Les élus des communes riveraines sont favorables à
un accroissement des activités aéroportuaires car
elles sont créatrices d'emplois et facteur de développement
économique pour l'ensemble du territoire entourant la plate-forme.
Mais s'ils acceptent une telle perspective, c'est à condition
qu'elle s'accompagne d'une réduction des nuisances sonores
ressenties par les populations et d'une évolution des contraintes
d'urbanisme qui se traduisent actuellement par le dépérissement
de certains secteurs.
Les représentants des associations de riverains, tout
en souscrivant à l'objectif de développement de
l'emploi notamment au travers d'une utilisation optimale des créneaux
attribués, réclament, au-delà du strict respect
du dispositif en vigueur, une réduction significative de
la gêne sonore par l'application de mesures complémentaires.
Quant aux compagnies aériennes, elles souhaitent une meilleure
utilisation des capacités de la plate-forme ainsi que la
perspective d'un certain développement de leurs activités.
Elles admettent cependant qu'un tel développement devra,
pour être acceptable par les riverains, nécessairement
s'accompagner d'une amélioration de leurs conditions de
vie.
Lors de la table ronde organisée le 21 mai 1999, dans le
cadre de la concertation relative à l'avenir de l'aéroport,
M. Gayssot, ministre chargé des transports, a annoncé
la mise en oeuvre d'un plan d'actions, incluant 20 mesures prioritaires,
visant à répondre aux préoccupations rappelées
ci-dessus.
Ce plan a pour objectif d'enrayer le déclin qui frappe
la plate-forme et une partie des communes riveraines. Le trafic
en nombre de passagers a baissé de 7 % en 3 ans et le nombre
d'emplois localisés dans l'emprise aéroportuaire
a diminué de 13 % par rapport au maximum atteint en 1990.
La population totale des 28 communes concernées par le
plan d'exposition au bruit (PEB) a augmenté de 2,85 % entre
les deux derniers recensements mais pour ce qui concerne les 4 communes 1 les plus affectées
par la gêne sonore, dont plus de 90 % de la population
est dans le PEB, on constate une diminution moyenne supérieure
à 6 %.
Un premier groupe de mesures est destiné à favoriser
le développement économique et l'emploi. Un deuxième
groupe de mesures vise à améliorer les accès
terrestres à la plate-forme aéroportuaire et au
pôle d'emplois Orly-Rungis. Un dernier groupe de sept mesures
tend à mieux maîtriser l'énergie sonore.
Les sept nouvelles mesures du plan d'actions gouvernemental viennent
en complément de ce dispositif. Elles comportent :
· le plafonnement des mouvements d'avions relevant du
Chapitre 2 ;
· l'instauration de sanctions pour non respect des procédures
à moindre bruit ;
· la révision du plan d'exposition au bruit (PEB)
;
· l'amélioration de l'aide aux riverains ;
· la révision du plan de gêne sonore (PGS)
;
· l'établissement d'un " code de bonne conduite
" ;
· l'élaboration d'une " charte de qualité
de l'environnement sonore ".
La présente charte a été élaborée
par des représentants de toutes les parties intéressées
au sein du comité de rédaction constitué
par la commission consultative de l'environnement (CCE) de l'aéroport
de Paris-Orly. Ce faisant, la CCE a mis en application, par anticipation,
l'une des nouvelles dispositions relatives au fonctionnement des
commissions consultatives de l'environnement contenues dans la
loi du 12 juillet 1999, portant création de l'Autorité
de contrôle des nuisances sonores aéroportuaires
(ACNUSA).
Cette charte a pour ambition de contribuer à l'optimisation
environnementale, économique et sociale de la plate-forme
aéroportuaire.
Elle décrit les lignes d'action choisies à cette
fin. Elle explicite les actions que s'engagent à entreprendre
les différents signataires pour que les nuisances sonores
soient non seulement maîtrisées mais qu'elles puissent
décroître aussi rapidement que possible. Elle sera
complétée par le " code de bonne conduite environnementale
de la circulation aérienne autour de l'aéroport
de Paris-Orly" en cours d'élaboration par les acteurs
de la circulation aérienne. Elle comporte en annexe un
plan général de l'aéroport d'Orly illustrant
divers éléments évoqués dans le présent
document.
La " charte de qualité de l'environnement sonore "
est appelée à vivre et à être précisée
en fonction de l'évolution des technologies et du développement
du partenariat associant les acteurs du transport aérien
et les représentants des riverains. C'est pourquoi le texte
qui suit, définit des engagements précis, lorsque
c'est possible dès aujourd'hui, et ouvre des voies dans
d'autres domaines, voies qu'il conviendra d'explorer plus en détail
par la suite.
La CCE est chargée d'assurer le suivi de la mise en oeuvre
de la présente charte. Elle aura aussi vocation à
en coordonner le processus de révision lorsque les diverses
parties prenantes l'estimeront souhaitable. L'ACNUSA récemment
mise en place, par décret du 9 février 2000, est,
pour sa part, désormais en charge de contrôler le
respect des engagements pris, dans le cadre du présent
document.
I - DES OUTILS POUR MIEUX CARACTERISER
LE BRUIT ET LA GENE SONORE
Il est reconnu que les progrès techniques importants
qui ont été réalisés et pris en compte
par les transporteurs, ont permis de diminuer le bruit unitaire
des avions. Il est cependant souligné que l'augmentation
de la fréquence des mouvements constitue en soi pour les
riverains un facteur de gêne, quoique interviennent aussi
d'autres facteurs comme les conditions météorologiques,
la topographie et l'ambiance sonore préexistante.
Les actions à mettre en oeuvre devront aller dans le sens
d'une diminution du bruit émis et de la gêne perçue,
condition pour optimiser l'utilisation de la capacité de
l'aéroport tant en termes de développement de l'activité
aéronautique qu'en termes d'emplois en résultant.
Des améliorations à court terme devront être
recherchées dans le cadre de la réglementation en
vigueur (notamment couvre-feu nocturne et limitation à
250 000 du nombre de créneaux horaires attribuables annuellement).
Ceci n'exclut pas des possibilités d'évolution ultérieure,
après consultation de la Commission, en fonction de l'importance
des améliorations constatées de l'environnement
sonore. Ces améliorations pourraient être mises en
évidence au travers de l'observation de certains
critères mentionnés ci-dessous.
I / 1 - La caractérisation du bruit
· · Les unités de mesure du bruit
Dans un souci de cohérence avec l'unité
utilisée pour la certification acoustique des avions et
pour le calcul de l'indice psophique, il est souhaitable d'utiliser
l'EPNdB comme unité de mesure. Cependant, le dB(A) pourrait
également être utilisé dans certains cas particuliers
et notamment en vue d'étudier lessituations de multiexposition
au bruit.
· · Le réseau de mesure du bruit
Le nouveau système STADE qui sera connecté
au réseau de mesure d'ADP, pourra accepter jusqu'à
60 points de mesure. Sans aller jusqu'à un tel nombre de
stations de mesure, il est souhaité que le réseau
de mesure d'Orly couvre un large territoire, allant au-delà
des limites actuelles du PEB et du PGS, et que des stations soient
également envisagées en dehors des axes principaux
de circulation aérienne.
Lors du choix de l'implantation des stations, le phénomène
de l'extension de la surface touchée près de l'aéroport
avec l'augmentation des pentes de montée devra être
pris en compte.
· · Les indicateurs de bruit
La caractérisation de l'environnement sonore nécessite
l'utilisation d'un ensemble de critères qui devront être
choisis notamment en fonction des travaux de l'INRETS et des résultats
de l'enquête de gêne sonore décrite dans le
paragraphe suivant. Il est souhaité que parmi ces critères
figurent au moins les indicateurs suivants :
· le nombre moyen journalier d'événements
sonores et leur répartition dans la journée ;
· des indicateurs relatifs aux bruits de crête et
aux émergences par rapport aux niveaux de bruit ambiant
;
· un indicateur global permettant de caractériser
l'accumulation au cours d'une journée moyenne des bruits
dus au trafic aérien.
En tout état de cause, il reviendra à l'ACNUSA de
définir tant les unités de mesure que les caractéristiques
de réseaux de mesure et les indicateurs les plus pertinents.
I / 2 - La caractérisation
de la gêne sonore
L'indice de gêne sonore d'origine aéronautique
utilisé actuellement en France est " l'indice psophique
" qui caractérise la gêne correspondant au bruit
moyen perçu pendant une année en un point donné.
Il est calculé en tenant compte des niveaux de bruit mesurés
lors de la certification acoustique des appareils, du trafic,
de la composition des flottes exploitées sur la plate-forme
et des trajectoires théoriques, en distinguant les mouvements
nocturnes (22 heures - 6 heures) et les mouvements diurnes (6
heures - 22 heures).
Pour s'assurer que l'indice utilisé est bien représentatif
de la gêne ressentie par les riverains, et évaluer
la pertinence de l'utilisation éventuelle d'un autre indice,
une enquête de gêne sonore et une campagne de mesures
ont été réalisées en 1998 et 1999,
autour des aéroports d'Orly et Charles-de-Gaulle, à
l'initiative des ministres chargés respectivement de l'environnement
et des transports. L'enquête de gêne sonore a porté
sur un échantillon de 607 personnes autour de l'aéroport
d'Orly et des mesures de bruit ont été réalisées
en 14 points.
Ces campagnes d'observations devraient permettre de déterminer
le ou les indices susceptibles d'assurer la meilleure corrélation
possible entre le bruit mesuré in situ et la gêne
exprimée par les riverains. Selon les dispositions de la
loi n° 99-588 du 12 juillet 1999, il appartiendra à
l'ACNUSA de définir les indicateurs de mesure du bruit
et de la gêne sonore.
Le fait que l'indicateur de gêne actuel soit basé
sur des niveaux de bruit maximum calculés en PNdB, unité
qui est reconnue comme étant bien adaptée à
la caractérisation du bruit aéronautique puisqu'elle
est utilisée pour la certification acoustique des appareils,
devrait figurer parmi les critères pris en compte. A l'inverse,
le Leq(A) [niveau énergétique moyen exprimé
en dB(A)] semble a priori moins pertinent comme indicateur de
gêne car il ne tient pas compte directement des pointes
de bruit.
II - DES MESURES POUR REDUIRE LES
NUISANCES SONORES
II / 1 - Les moyens de limitation
du bruit
· · La réduction à la source
du bruit émis
Toutes les mesures visant à favoriser la modernisation
des flottes desservant la plate-forme d'Orlydevront être
mises en oeuvre. Afin de mesurer cette modernisation, une information
régulière sur la composition des flottes des compagnies
aériennes françaises et étrangères
exploitées sur la plate-forme d'Orly, sera diffusée
par Aéroports de Paris (ADP).
La France poursuivra sa participation aux efforts de recherche
en vue de réduire à la source le bruit des avions
futurs.
Elle renforcera, par ailleurs, ses actions auprès des instances
européennes et internationales afin d'une part, que de
nouvelles mesures soient prises en matière de certification
acoustique (établissement d'un nouveau chapitre de l'Annexe
16 de l'OACI 2 ) et d'autre part, que les modulations financières
visant à inciter les compagnies aériennes à
utiliser les avions les moins bruyants, puissent être basées
sur une classification adoptée au niveau européen.
Dans l'immédiat, il est souhaité, compte tenu de
l'environnement particulièrement urbanisé dans lequel
est inséré l'aéroport d'Orly, que de nouvelles
mesures spécifiques soient étudiées.
Elles pourraient consister, par exemple, à interdire
les avions relevant du Chapitre 2 entre 6h00 et 7h00 et entre
22h00 et 23h30, en complément des mesures déjà
en vigueur. Une telle mesure qui resterait en vigueur jusqu'en
avril 2002, devrait faire l'objet d'études approfondies
mais diligentes, notamment quant à son impact sur l'aéroport
de Roissy et à ses modalités d'application (non-discriminationentre
les compagnies aériennes, mise en oeuvre progressive si
nécessaire, limitation éventuelle aux décollages).
En outre, des mesures spécifiques concernant les avions
les plus bruyants du chapitre 3 (avions hushkittés notamment)
devraient aussi être envisagées. A cet égard,
ADP et la Direction générale de l'aviation civile
(DGAC) fourniront périodiquement les données de
trafic dans les plages horaires mentionnées, en distinguant
les avions relevant du Chapitre 2, les appareils hushkittés
ainsi que les avions les plus bruyants relevant du Chapitre 3.
· · Les mesures opérationnelles
Le respect des procédures initiales et finales constitue
l'une des attentes majeures des riverains.
Certaines communes se disent aujourd'hui affectées par
les nuisances sonores dues aux survols alors qu'elles ne l'étaient
pas il y a quelques années. Il est souhaité que
les compagnies aériennes et les pilotes poursuivent leurs
efforts pour assurer le respect des procédures et diminuer
les écarts constatés.
ADP veillera à l'amélioration de l'information des
collectivités territoriales et des associations de riverains
sur les modifications temporaires de l'utilisation des procédures
nécessitées par des contraintes techniques.
Concernant les phases de décollage et de montée,
l'étude menée conjointement par l'ADEV et ADP sur
les trajectoires effectivement suivies du côté Est
de la plate-forme, a fait apparaître des résultats
satisfaisants dans l'ensemble. Il n'en reste pas moins nécessaire
de renforcer les actions à entreprendre pour concentrer
encore plus les vols dans l'aire de dispersion SONATE, si possible
au plus près de la route prescrite par la procédure
de décollage. Ces actions pourraient consister à
renforcer en ce sens la formation des pilotes et des contrôleurs,
à améliorer les publications aéronautiques
et à sanctionner les manquements aux règles d'usage
d'Orly. A cet égard, il conviendra d'étudier la
possibilité de procéder à la matérialisation
des " aires SONATE " sur les écrans radar.
Le contrôle du respect des procédures devra se faire
en s'appuyant notamment sur le futur système STADE, afin
qu'il soit le plus objectif possible. Il est prévu que
STADE soit opérationnel au cours du premier trimestre 2001.
ADP intensifiera lesdits contrôles et tiendra les compagnies
informées de leurs résultats, en signalant les écarts,
a priori non justifiés, même en l'absence de toute
infraction.
Afin de renforcer la précision dans le suivi des procédures,
il serait souhaitable d'inciter les compagnies aériennes
à équiper, aussi rapidement que possible, tous leurs
avions de systèmes de navigation modernes, plus performants.
Concernant les phases d'approche et d'atterrissage, une étude
sur les possibilités d'utiliser une altitude d'interception
de l'ILS de 4000 pieds est souhaitée
.Cette étude devra en particulier évaluer les impacts
d'une telle modification sur l'ensemble des zones survolées
ainsi que sur le système de circulation aérienne
en région parisienne.
ADP étudiera selon quelles modalités précises
des cartes des flux de trajectoires réels, comportant des
repères terrestres, pourraient être établies
et communiquées régulièrement à titre
d'information, comme spécifié ci-dessous dans le
paragraphe relatif aux actions d'information relevant d'ADP.
Enfin, les procédures en vigueur en région parisienne,
notamment celles concernant l'aéroport d'Orly, devraient
être réexaminées en vue de leur optimisation
par rapport aux caractéristiques urbaines actuelles de
l'environnement de l'aéroport.
· · Le code de bonne conduite
La gêne sonore dépend pour une large part
des procédures de décollage et d'atterrissage ainsi
que de leur respect. Il apparaît essentiel que les acteurs
de la circulation aérienne intègrent le mieux possible
l'objectif de la recherche du moindre bruit dans leur comportement
quotidien tout en garantissant la sécurité des vols,
laquelle reste l'objectif prioritaire de la circulation aérienne.
Le code de bonne conduite, reposant sur l'adhésion volontaire
de ses rédacteurs (Etat, ADP, compagnies aériennes,
organisations professionnelles de contrôleurs et organisations
professionnelles de pilotes), traduira leur engagement en faveur
du respect de l'environnement. La Commission demande que le
code de bonne conduite, en cours de négociation, prenne
en compte les mesures opérationnelles décrites ci-dessus
et souhaite que les modifications de procédures soient
mises en
oeuvre rapidement.
Les représentants des compagnies aériennes estiment
qu'il y aurait lieu d'envisager la possibilité d'avoir
un seul et même code de bonne conduite pour l'ensemble des
aéroports parisiens.
II / 2 - L'optimisation environnementale
des modalités d'exploitation
· · L'utilisation préférentielle
des pistes
La prise de l'axe d'atterrissage à Orly se fait aujourd'hui
de façon standard à 3000 pieds et à titre
exceptionnel à 2000 pieds, selon une procédure particulière
Les modalités d'utilisation des pistes sont portées
à la connaissance des pilotes et des compagnies aériennes
dans le cadre des publications d'information aéronautique,
sachant que l'utilisation de la piste 2 doit demeurer exceptionnelle.
Il est souhaité qu'elles fassent aussi l'objet d'actions
d'information destinées aux autres partenaires, notamment
les collectivités locales et les associations de riverains
qui attachent une importance particulière au respect des
principes d'utilisation. Cette information devra être complétée
par la diffusion de statistiques régulières relatives
à l'utilisation réelle des pistes.
· · L'utilisation optimale des capacités
Afin d'optimiser l'utilisation des capacités de
l'aéroport qui peuvent être évaluées
dans les conditions actuelles d'exploitation à 30 millions
de passagers par an, il est souhaitable d'étudier toutes
les mesures qui permettront d'augmenter l'emport moyen par créneau
attribué, notamment les possibilités de relèvement
des capacités minimales aujourd'hui en vigueur.
Des dispositions réglementaires obligent déjà
les compagnies aériennes fréquentant l'aéroport
d'Orly à utiliser des avions d'une capacité minimale.
Elles doivent notamment utiliser aux heures de pointe (7h00 -
9h30 et 18h00 - 20h30) des avions de plus de 100 sièges
sur les liaisons de plus de 250 000 passagers par an, dès
lors qu'il s'agit de services exploités avec plus de quatre
fréquences quotidiennes.
La volonté de favoriser le recours à des avions
de plus grande capacité fait l'objet d'une des vingt mesures
que le ministre chargé des transports a annoncées
lors de la table ronde sur l'aéroport d'Orly 300 organisée
le 21 mai 1999.
II / 3 - Les incitations au respect
du dispositif réglementaire
Dans le cadre du large débat sur l'avenir de l'aéroport
d'Orly, le ministre chargé des transports a décidé
d'une part, de plafonner, par opérateur, le nombre de mouvements
des avions les plus bruyants, dits du Chapitre 2 et d'autre part,
de sanctionner le non-respect des procédures à moindre
bruit en vigueur au départ de cet aérodrome.
Ces mesures figurent dans l'arrêté ministériel
portant restriction d'usage de l'aérodrome de Paris-Orly,
pris le 29 septembre 1999. Elles complètent les dispositions
de l'arrêté du 6 octobre 1994 qui fixent notamment
à 250 000 le nombre maximum de créneaux horaires
attribuables annuellement.
Le non-respect de ces mesures rentre dans le cadre de la procédure
"sanctions" telle que prévue par la loi du 12
juillet 1999, dont l'application fera l'objet d'une diffusion
régulière d'informations selon les modalités
qui seront arrêtées par l'ACNUSA.
II / 4 - La réduction de la
gêne perçue dans les bâtiments
Le dispositif d'aide aux riverains, institué par la
loi relative à la lutte contre le bruit du 31 décembre
320 1992, a été renforcé récemment
de façon appréciable.
· · La révision du plan de gêne
sonore (PGS)
Le PGS en vigueur, qui définit la zone ouvrant droit à
l'aide à l'insonorisation, doit être révisé.
Le nouveau PGS, établi sur la base d'un indice psophique
IP 78 5 au lieu de 84 devrait être globalement plus favorable,
mais il se traduira dans certaines zones par une réduction
de périmètre.
Les personnes qui peuvent aujourd'hui prétendre à
l'aide et qui ne seront plus éligibles au titre du nouveau
PGS auront la possibilité de faire une demande jusqu'à
l'approbation de ce dernier. Un lancement rapide de la procédure
de révision est souhaitable pour ne pas pénaliser
les nouveaux bénéficiaires. Compte tenu de la durée
prévisible de la procédure, le délai de deux
ans, annoncé par le ministre chargé des transports,
se sera effectivement écoulé avant que l'approbation
du nouveau PGS intervienne.
A des fins d'information, des " courbes d'environnement
sonore aéronautique " seront établies chaque
année par ADP, sur le dernier fond de plan IGN au 1/25000,
à partir du trafic réellement constaté l'année
précédente. Elles correspondront à différentes
valeurs de l'indice de gêne et couvriront des
zones plus larges que la courbe extérieure du PGS. Ces
" courbes d'environnement sonore aéronautique "
seront mises à la disposition du public, des riverains,
des municipalités et des associations.
· · L'évolution de la réglementation
relative au plan de gêne sonore (PGS)
A plus long terme, une réforme en profondeur des
modalités d'établissements des PGS interviendra
conformément aux engagements pris, le 26 mars 1998, par
les ministres chargés respectivement des transports et
de l'environnement. Cette réforme, en cours d'élaboration,
comprendra notamment :
· le choix éventuel, à partir de l'enquête
de gêne sonore, d'un nouvel indice qui soit directement
mesurable ;
· le maintien d'une distinction entre la gêne de
jour et la gêne de nuit ainsi que la détermination
des 350
limites de zones sur l'indice, nocturne ou diurne, le plus favorable
aux riverains ;
· l'instauration d'une certaine dégressivité
de l'aide permettant d'atténuer l'effet de seuil pour les
habitations situées à la limite extérieure
du PGS, afin d'éviter que des habitations voisines soient
l'une
éligible à l'aide à un taux de 80 % à
100 % et l'autre non éligible.
La Commission souhaite que la notion d'unité foncière
soit précisée dans les meilleurs délais.
Les moyens de tenir compte de l'appartenance à une même
unité foncière seront recherchés.
L'instauration d'une certaine dégressivité de l'aide
permettra de faciliter cette recherche.
Les maires de certaines communes riveraines et les associations
de riverains estiment qu'il existe des différences sensibles
entre les résultats des calculs effectués et la
gêne réellement ressentie. Il est donc souhaité
que l'ACNUSA puisse valider les méthodes de calcul et les
logiciels utilisés pour modéliser la gêne
sonore aéronautique.
Un réexamen des principes de calcul appliqués actuellement
pourrait s'avérer nécessaire si des écarts
importants étaient constatés en comparant, en divers
points, les niveaux de gêne calculés avec le modèle
utilisé et les niveaux de gêne déterminés
sur la base des niveaux de bruit mesurés sur le terrain.
Dans une telle hypothèse, un système utilisant,
au moins en partie, des mesures effectuées dans les diverses
communes concernées, mériterait d'être envisagé.
En application du décret n° 97-607 du 31 mai 1997
· · L'amélioration de l'aide aux riverains
Le régime de l'aide a été récemment
amélioré sur les points suivants :
· le " ticket modérateur " restant
à la charge du bénéficiaire dans le cas de
logements et dans la limite du plafond des travaux fixé
par arrêté, précédemment égal
à 20 % 6 du montant des travaux pris en compte, a été
réduit à 10 % pour les ménages à faibles
revenus.
· pour les établissements d'enseignement et les
locaux à caractère sanitaire ou social, le taux
d'aide financière a été porté de 80
% à 100 %.
· la règle d'antériorité ne comporte
plus de référence à la dernière mutation.
Concernant les catégories de locaux éligibles autres
que les logements, il est souhaité par les élus
que soient inclus certains locaux ayant vocation à recevoir
régulièrement du public ou à accueillir des
activités sociales non couvertes par les textes en vigueur.
Par ailleurs, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise
de l'énergie (ADEME) s'engage à améliorer
la compréhension et le fonctionnement des procédures
de gestion de l'aide :
· en fournissant aux élus locaux et aux riverains
une information claire sur les règles en vigueur,notamment
par la diffusion d'une plaquette destinée aux personnes
concernées ;
· en organisant dans les mairies des réunions d'information
et en participant à la mise en place de permanences dans
un certain nombre de communes pour fournir une assistance au montage
des dossiers de demande d'aide ;
· en recherchant de nouvelles simplifications de la procédure
de demande et en accélérant l'instruction des dossiers
et le règlement de l'aide.
En outre, l'ADEME étudiera selon quelles modalités,
il serait possible de faire bénéficier les riverains
d'une prestation d'aide à la maîtrise d'ouvrage.
Cela permettrait de les aider à choisir un bureau d'études
et une entreprise ainsi que des solutions techniques adaptées
et à vérifier la bonne exécution des travaux
et contribuerait, en même temps, à améliorer
l'efficacité des aides financières accordées.
Pour faciliter l'accès à l'information de la population,
il est souhaité que les municipalités concernées
s'attachent à désigner dans chaque mairie une personne
susceptible de répondre aux questions soulevées
par leurs administrés.
A cet égard, ADP s'engage à fournir aux communes
concernées qui le souhaitent, le report sur le dernier
fond de plan IGN au 1/25000, des courbes du PGS (et également
du PEB). Cependant, seuls les plans approuvés eux-mêmes
feront foi en cas de litige.
Afin de tenir compte de l'augmentation du nombre de bénéficiaires
potentiels, résultant des améliorations mentionnées
ci-dessus, un effort particulier a été consenti
dès 2000 afin d'augmenter sensiblement les crédits
dont dispose l'ADEME pour l'aide à l'insonorisation. De
tels efforts devraient être poursuivis, en tant que de besoin,
en fonction de l'évolution des demandes d'aide déposées
par les riverains, afin de prévenir toute augmentation
du nombre de dossiers en attente.
II / 5 - La maîtrise de l'urbanisation
La suppression du ticket modérateur, dans la limite du plafond, pour les personnes recevantcertaines formes d'aide sociale a été maintenue
La réduction de l'exposition à la gêne sonore
comprend les mesures de prévention consistant à
éviter l'installation de nouveaux habitants dans les zones
les plus exposées au bruit.
La réglementation relative au dispositif de maîtrise
de l'urbanisme autour des aéroports, définie dans
le code de l'urbanisme, se fonde sur le plan d'exposition au bruit
(PEB). Ce plan a pour principal objet de limiter les possibilités
de construction de logements ou d'équipements publics autour
de l'aéroport, voire de les interdire dans les zones qui
seront potentiellement les plus touchées par le bruit à
long terme (15-20 ans).
· · La révision du plan d'exposition
au bruit (PEB)
Le PEB en vigueur, approuvé en 1975, est basé sur
l'IP 84 comme limite extérieure de la zone C et prend en
compte une future piste 6 Nord-Sud dont le projet est aujourd'hui
abandonné. L'abandon du projet de piste 6, la faible utilisation
de la piste Nord-Sud existante (piste 2), la limitation du trafic,
la modernisation escomptée des flottes, ainsi que les nouvelles
mesures qui seront prises pour réduire les nuisances sonores,
justifient de procéder à la révision du PEB.
Cette révision donnera l'opportunité de réfléchir
aux évolutions de la réglementation susceptibles
de permettre une meilleure adaptation à la réalité
des villes ou des quartiers, en prenant en compte notamment la
nécessité de requalifier certains sites urbains.
Le projet de nouveau PEB sera basé sur la valeur IP
84 pour la limite extérieure de la zone C et comportera
une zone D, en application de la loi n° 99-588 du 12 juillet
1999.
Outre les zones bénéficiant de l'abandon du projet
de piste 6, le nouveau PEB est susceptible de dégager,
sur certaines communes riveraines, des zones où l'urbanisation
serait libérée des contraintes actuelles. Il convient
donc, comme l'a souhaité le ministre de l'équipement,
des transports et du logement, que la prise en compte de cet aspect
se traduise par l'engagement des communes concernées à
définir, dans ces zones, des règles de construction
adaptées à leur environnement
sonore.
Concernant le choix des limites du PEB, les représentants
des compagnies aériennes estiment que la zone C du futur
PEB devrait englober le futur PGS. Les représentants des
riverains considèrent que la création de la zone
D contribue à répondre à cette préoccupation,
sans qu'il soit nécessaire de modifier la valeur de la
limite extérieure de la zone C.
· · L'évolution de la réglementation
relative au plan d'exposition au bruit (PEB)
Le souci des maires des communes concernées est
d'éviter que leur commune périclite alors qu'ils
sont confrontés à la rigidité des dispositions
légales et réglementaires en matière d'habitat
et d'urbanisme. Les élus souhaitent donc une adaptation
de la réglementation permettant de concilier la stabilité
démographique des agglomérations avec la nécessaire
revitalisation des centres urbains.
Faute de pouvoir définir une réglementation de portée
nationale susceptible d'apporter une réponse aux problèmes
particuliers rencontrés par chacune des communes, il est
suggéré que les possibilités de construction,
dans les communes concernées par le PEB, soient définies,
conformément à des objectifs fixés par la
loi, dans le cadre d'une procédure d'élaboration
spécifique tenant compte du contexte local. A cet égard,
il y aurait lieu d'envisager de rendre obligatoire la réalisation
d'une étude de l'impact socio-économique de l'application
du PEB. En outre, il serait souhaitable de recommander aux communes
d'instaurer une dégressivité des COS autorisés,
au fur et à mesure que l'on se rapproche de la limite extérieure
de la zone C, afin de réduire l'effet de seuil, en ce qui
concerne les contraintes d'urbanisme.
Par ailleurs, les représentants des riverains souhaitent
que l'indemnisation de la moins-value que subiraient les habitations
du fait de leur situation en zone de bruit, soit rendue possible,
en dérogation à la règle de non-indemnisation
des servitudes d'utilité publique, lorsque ces habitations
ont été construites antérieurement à
l'approbation du premier PEB. Compte tenu du manque de donnéesrelatives
à de telles moins-values, il y aurait lieu d'envisager,
en premier lieu, une nouvelle étude
spécifique sur le sujet.
III - LE DEVELOPPEMENT DU PARTENARIAT
ENTRE TOUS LES ACTEURS
III / 1 - Satisfaire le droit
à l'information et à la formation
Une des conditions majeures d'un dialogue efficace entre les acteurs
du trafic aérien et les riverains est la multiplication
des occasions d'information réciproque. Le devoir des opérateurs
est double : d'une part rendre compréhensibles au plus
grand nombre des informations techniques complexes, d'autre part
ouvrir très largement l'accès aux informations opérationnelles.
La seule limitation à la diffusion de ces informations
est la mise en cause de la sûreté.
· · Les actions d'information relevant de
l'ACNUSA
Vis-à-vis de cet objectif de transparence, l'ACNUSA
est, selon les termes de la loi portant création de cette
autorité, notamment en charge des responsabilités
suivantes :
· établir un programme de diffusion des informations
sur le bruit dû au transport aérien et à l'activité
aéroportuaire et en particulier des enregistrements provenant
du réseau de mesure et des données relatives aux
sanctions infligées en vertu de l'article L. 227-4 du code
de l'aviation civile ;
· veiller à la mise en oeuvre du programme de diffusion
;
· s'assurer, le cas échéant, de la fiabilité
des conditions dans lesquelles les informations ont été
recueillies ;
· s'assurer des conditions dans lesquelles les personnes
ont accès aux informations relatives aux PEB et aux PGS
et émettre des recommandations pour améliorer l'accès
à ces informations ;
· contrôler le respect des engagements pris par les
différentes parties intéressées à
l'exploitation de l'aérodrome ;
· rendre public le résultat de ce contrôle
;
· établir et rendre public un rapport annuel d'activité.
Le domaine de compétence de l'ACNUSA s'étend à
l'ensemble des aéroports dont le fonctionnement est susceptible
d'être à l'origine de problèmes de maîtrise
des nuisances sonores.
L'aéroport d'Orly présente, quant à lui,
des spécificités marquées qui tiennent notamment
au fait qu'il a été réalisé dans un
site fortement urbanisé. Il est donc souhaité qu'une
attention soit portée à la bonne adaptation des
décisions qui seront prises au cas particulier qu'il constitue.
· · Les actions d'information relevant de
la CCE
Les textes définissant le rôle de la CCE (Article
2 de la loi n° 85-696 du 11 juillet 1985, modifié par
l'article 2 de la loi n° 99-588 du 12 juillet 1999) ne spécifient
explicitement aucune mission d'information. Cependant, deux types
de documents en émanant doivent être rendus publics,
à savoir : les rapports annuels et les avis de la commission
lesquels doivent être motivés. La publication desdits
documents permettra donc à la CCE de participer aux actions
d'information sur les sujets dont elle aura débattu.
Par ailleurs, la CCE est chargée de coordonner la rédaction
des documents écrits formalisant les engagements pris en
vue d'assurer la maîtrise des nuisances sonores. Elle peut
donc intervenir, en amont, en faveur de la prise en compte des
besoins d'information et de formation par les différentes
parties intéressées à l'exploitation de l'aéroport.
Enfin, les représentants des riverains participant aux
travaux de la commission pourront servir de relais avec les populations
et les membres des associations, sauf à respecter, le cas
échéant, leur devoir de réserve.
Les actions d'information relevant d'ADP
De nombreuses informations sont fournies par ADP, sur
divers sujets et grâce à plusieurs supports :Maison
de l'Environnement, revue " Entre voisins " et son supplément
trimestriel " Environnement ", site Internet.
La Maison de l'Environnement constitue un outil pédagogique
et d'information essentiel pour ce qui concerne l'impact de l'aéroport
sur son environnement. L'exploitation de cet équipement
en faveur du public riverain doit se poursuivre et être
développée, en partenariat avec l'ensemble des acteurs
concernés. Il apparaît nécessaire de rendre
la Maison de l'Environnement plus " citoyenne " en associant
la CCE à la définition des orientations relatives
à son fonctionnement.
A l'image de ce qui existe pour l'aéroport Charles de Gaulle,
un supplément trimestriel à la revue "Entre-Voisins"
donnant des informations statistiques relatives à l'environnement
(utilisation des pistes, respect des procédures, infractions,
dérogations accordées) et au trafic d'Orly (mouvements,passagers,
fret et poste) est à prévoir.
Il est apparu souhaitable que cette publication donne également
des informations sur l'état d'avancement des 20 mesures
annoncées le 21 mai 1999, par le ministre chargé
des transports et comprenne des indicateurs économiques
reflétant l'activité de la plate-forme (emplois,
entreprises, gestion des créneaux aéroportuaires,
...). En outre, les colonnes de ce magazine seront également
ouvertes, si elles le souhaitent, à la CCE, aux compagnies
aériennes et aux associations de riverains.
Bien qu'il ne soit susceptible actuellement de bénéficier
qu'à un faible pourcentage de la population, l'accès
au site Internet d'ADP constitue un moyen permettant d'informer
directement les riverains. Il devra donc être développé
en tenant compte des attentes de ses divers utilisateurs potentiels.
Il conviendra notamment de rechercher la meilleure façon
de rendre disponibles les résultats du traitement des données
relatives au suivi des procédures.
Cette diffusion par ADP des informations relatives au bruit et
à ses conséquences s'étendra notamment aux
aspects suivants :
· information sur la composition des flottes exploitées
sur l'aéroport d'Orly des compagnies aériennes françaises
et étrangères ;
· information sur les trajectoires réelles et leur
dispersion avec présentation illustrée des flux
de trajectoires (sur une carte comportant des repères terrestres)
;
· information sur les remises de gaz avec indication des
pistes où elles se sont produites ;
· information sur l'utilisation de la trouée Ouest
de la piste 3 et de la trouée Est de la piste 4 et sur
l'utilisation de la piste 2 avec indication en pourcentage des
principaux motifs correspondants ;
· établissement chaque année, à titre
informatif, des " courbes d'environnement sonore aéronautique
" établies sur la base du trafic constaté l'année
précédente et mise à la disposition de la
CCE ;
· information des communes sur tout événement
exceptionnel pouvant générer une modification significative
de l'utilisation de l'espace aérien (travaux de réfection
de piste ou d'équipements notamment).
Les informations sur le respect des procédures et les performances
des différentes compagnies doivent être fournies
non seulement aux riverains mais aussi aux acteurs du transport
aérien : compagnies aériennes, pilotes et contrôleurs.
ADP, de concours avec la DGAC et les compagnies aériennes,
organisera au moins une fois par an des forums pour faciliter
les échanges avec les représentants des collectivités
locales et les associations de riverains.
· · Les actions d'information relevant de
l'ADEME
Comme indiqué dans le chapitre relatif à l'aide
aux riverains, l'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise
de l'énergie) doit améliorer la compréhension
des procédures de gestion de l'aide :
· en fournissant aux élus locaux et aux riverains
une information claire sur les règles en vigueur,notamment
par la diffusion d'une plaquette destinée aux personnes
concernées ;
· en organisant dans les mairies des réunions d'information
et en participant à la mise en place de permanences dans
un certain nombre de communes pour fournir une assistance au montage
des dossiers de demande d'aide ;
En outre, L'ADEME publiera un bilan annuel de gestion de l'aide
aux riverains.
· · Les autres actions d'information
Pour faciliter l'accès à l'information de
la population, il est souhaité, comme cela a été
mentionné précédemment, que les municipalités
s'attachent à désigner dans chaque mairie une personne
susceptible de répondre aux questions soulevées
par leurs administrés.
La DGAC s'engage, pour sa part, à informer les riverains,
sous une forme à définir, sur les programmes de
recherche en cours en vue de réduire à la source
le bruit émis par les appareils ou d'améliorer l'efficacité
des mesures opérationnelles destinées à réduire
le bruit perçu au sol. Elle rendra compte, notamment, des
progrès réalisés dans le cadre de la mise
en oeuvre du code de bonne conduite.
La DGAC s'engage aussi à suivre les évolutions significatives
en matière de lutte contre les nuisances sonores sur les
principaux aéroports des autres pays et à procéder
périodiquement à l'actualisation de la brochure
" La maîtrise des nuisances sonores sur les aéroports
européens " dont la première édition
date d'avril 1998. Elle s'attachera à compléter
le contenu de cette brochure en y incluant une description des
dispositifs en vigueur pour ce qui concerne la concertation avec
les riverains.
· · Les actions de formation
L'information due aux riverains implique la compréhension
au moins intuitive des phénomènes acoustiques, pour
que le dialogue soit possible avec les techniciens. Dans cet effort
pédagogique, l'ACNUSA peut naturellement jouer un rôle,
par les avis qu'elle donne et les préconisations qu'elle
émet. De plus une formation générale sur
les questions aéronautiques et d'acoustique, s'appuyant
sur les ressources pédagogiques existantes, serait sans
doute bénéfique.
III / 2 - Assurer les conditions propres
à permettre un dialogue efficace
Compte tenu de sa composition et de son rôle, tels qu'ils
sont définis à l'article 2 de la loi n° 99-588
620 du 12 juillet 1999, la CCE constitue à l'évidence
le lieu privilégié où doit se dérouler
l'indispensable dialogue entre les acteurs du trafic aérien
et les représentants des riverains (élus et associations).
Grâce à leur représentation dans la commission
et dans son comité permanent, les représentants
des riverains seront associés :
· aux avis que la commission formulera en réponse
aux questions sur lesquelles elle sera consultée ;
· aux recommandations que la commission émettra
de sa propre initiative ;
· à la coordination de la rédaction des documents
formalisant les engagements des parties ;
· à la rédaction du rapport annuel d'activité.
L'article 3 du décret du 16 février 2000 a ouvert
le droit aux maires ou à leurs représentants qui
ne sont pas membres de la CCE, d'assister sans voix délibérative
aux réunions de cette dernière ou du comité
permanent, dès lors qu'une opération projetée
sur le territoire de leur commune est examinée en séance.
En outre, le président de la commission peut inviter à
être entendue toute personne dont l'audition lui paraît
utile.
Pour qu'un dialogue aussi constructif que possible puisse s'instaurer,
il serait souhaitable d'envisager la constitution de groupes de
travail chargés de suivre certaines études ou de
préparer certains avis de la commission.
Il serait également souhaitable, pour des raisons pratiques
mais aussi pour marquer symboliquement la volonté de développer
le partenariat et de faciliter le dialogue, que les réunions
du comité permanent et des groupes de travail aient lieu,
aussi souvent que possible, dans l'enceinte de l'aéroport
d'Orly.
ADP mettra à la disposition de la commission
un local équipé de moyens de fonctionnement (téléphone,
télécopie, mél).
L'organisation de forums annuels par ADP permettra aussi de faciliter
les échanges entre l'exploitant de la plate-forme et les
compagnies aériennes qui le souhaitent, d'une part, et
les représentants des collectivités locales et des
associations de riverains, d'autre part, ainsi que l'expérience
des forums déjà organisés pour ce qui concerne
l'aéroport Charles-de-Gaulle, l'a montré.
III / 3 - Contrôler le respect
des engagements
L'ACNUSA a, par définition, un rôle déterminant
à jouer dans le contrôle, au sens large, des nuisances
sonores aéroportuaires. Mais elle est chargée plus
précisément de contrôler le respect des prescriptions
qu'elle a édictées et celui des engagements pris
par les différentes parties intéressées à
l'exploitation de l'aéroport, en vue d'assurer la maîtrise
desdites nuisances. Elle exerce le contrôle du respect des
engagements soit à son initiative, soit sur saisine de
la CCE. Ce contrôle aura d'autant plus de poids que ses
résultats seront rendus publics.
Le suivi de la mise en oeuvre des engagements et le contrôle
direct de leur respect, notamment ceux qui figurent dans la charte
de qualité de l'environnement sonore, sont assurés
par la CCE. Là encore, l'obligation qui lui est faite de
publier un rapport d'activité annuel, assurera la diffusion
des résultats du suivi et du contrôle qu'elle aura
exercés. La CCE s'attachera aussi à suivre la mise
en oeuvre des dispositions incluses dans le code de bonne conduite.
La présente charte représente le résultat du processus de concertation à un moment donné. Le contenu du présent document a vocation à être révisé, le moment venu, pour tenir compte des évolutions significatives de l'activité aéroportuaire, des technologies et de la réglementation mais aussi de l'état d'avancement de la mise en oeuvre des vingt mesures pour le développement d'Orly. Il appartiendra à la CCE de définir précisément la fréquence et les modalités d'une telle révision.