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Cela fait
maintenant plus de quatre ans que l'aggravation des nuisances
sonores de la base aérienne d'Orange a provoqué
le mécontentement et même la colère des populations
riveraines.
Au cours de ces années se sont multipliées de nombreuses
réunions de travail et de
concertation, entre les associations, les élus, l'armée
de l'air, la préfecture, par exemple lors de la venue
sur le site de la Mission mixte d'experts défense environnement
en mars 1999, ou encore dans le cadre de la Commission Consultative
de l'environnement, soit au cours de rencontres bi ou tri partites,
La cible systématique des critiques et des doléances
est le niveau de bruit engendré par les vols des Mirage
2000, notamment à basse altitude lors des décollages
ou des
atterrissages.
Mais que sait-on au juste de cette réalité de l'impact
sonore des vols ? Apparemment pas grand chose de précis
pour le cas qui nous intéresse.
Nous savons qu'en évaluation générale, le
bruit émis par un avion à réaction peut
atteindre 135 décibels, voire 140 dB pour un turboréacteur
au banc d'essai.
Les scientifiques ont déterminé que nous commençons
à entendre à partir de 0 dB. Une seule exposition
de quelques minutes à un niveau sonore de plus de 100
dB peut
provoquer une altération définitive de l'audition
et être exposé pendant plus de 5 minutes à
une intensité de 90 dB provoque une baisse des performances
auditives de 20 %, réversible généralement
en quelques heures.
Les différents seuils fixés par les autorités
compétentes sont les suivants:
Gêne
65 dB
Risque 85
dB
Danger 90
dB
Douleur 120 dB
Le moins que l'on puisse dire est que dans ce domaine l'état
et l'armée de l'air ne jouent pas la transparence et chaque
fois que le sujet a été abordé, ils ont
prudemment botté en touche.
Le seul document officiel à notre disposition est le fameux
rapport Burger-Moyen du 12 juillet 1999 qui n'a
pas de scrupule à écrire ceci " Les bruits
de forte intensité, à partir d'un niveau de 85
dB(A), selon leur nature et leur durée, peuvent provoquer
chez les personnes exposées un déplacement temporaire
(TTS), voire permanent (PTS), du seuil d'audibilité; On
estime que les risques auditifs liés à l'exposition
au bruit généré par l'aviation en général,
militaire en particulier, sont très réduits, en
égard aux relativement faibles durées d'exposition.
"
Voici donc le problème des effets du bruit des avions
sur le système auditif, évacué en douceur,
mais vous aurez remarqué que les auteurs du rapport parlent
de niveau de bruit en dB(A) et pas en dB, la lettre
(A) signifiant une pondération du nombre de décibels
constatés. C'est un autre moyen habile de diminuer l'importance
donnée aux indications chiffrées rendues publiques.
Par contre, le rapport admet que l'effet du masque du bruit des
avions sur la parole est l'une des causes majeures de la gêne
attribuée aux nuisances sonores liées à
l'aviation et reconnaît que la qualité de la communication
orale est extrêmement importante à l'école
et dans les bureaux.
Ensuite, toujours selon le même rapport, il est précisé
que le sommeil léger a un seuil d'éveil de l'ordre
de 35 à 50 dB(A) et le sommeil profond a lui un seuil
d'éveil de l'ordre de 50 à 80 dB(A).
Le système végétatif réagit à
partir de 70-75 dB(A) à l'état de veille et de
45 à 50 dB(A) à l'état de sommeil et, toujours
selon ce rapport, le bruit altérerait le climat social
au travail et à la maison.
Il est également précisé qu'on observe
chez les écoliers une distraction plus grande, une moins
bonne discrimination auditive, un retard (pouvant aller jusqu'à
une année) dans la faculté de lecture de textes,
et certains troubles du comportement.
Et tout à fait banalement, comme s'il ne s'agissait que
de décrire un phénomène naturel, le rapport
dit que l'évaluation des effets du bruit des
avions se fait fréquemment par référence
à la gêne subjective qu'il provoque. ( vous
avez bien lu "subjective" et non "objective")
Il conclut sur le sujet en indiquant que les indices de bruit
sont validés parce qu'ils sont bien corrélés
avec la gêne moyenne de la population et sont utilisés
pour établir les valeurs limites d'exposition au bruit
des avions et pour réglementer l'aménagement du
territoire (zones de bruit). L'importance de l'évaluation
de la gêne réside aussi dans ses liens possibles
avec les maladies psychiques, le stress, les effets sur la santé,
etc...
En clair cela veut dire que les experts des ministère
de la défense et de l'environnement ne donnent aucun niveau
de bruit réellement constaté en décibels
sur la trentaine de bases militaires visitées, parce
ce n'est pas cela que l'état retient pour définir
les zones de bruit des plans d'exposition au bruit.
En effet et afin de mieux laisser la population dans l'ignorance
des véritables agressions auditives qu'elle subit (par
comparaison avec un étalonnage parfaitement connu des
mesures en décibels), il a été instauré
un indice dit Isopsophique, au moyen d'une formule alambiquée,
que même les spécialistes ont du mal à comprendre
et qui ne permet aucun moyen de comparaison avec quoi que ce
soit.
D'ailleurs cet indice va être abandonné parce que,
paraît-il, ne correspondant plus à la réalité
de la situation, et par un décret du 28 avril
2002, l'indice qui sera dorénavant utilisé est
le Lden. Mais rassurez vous sa formule de calcul est tout
aussi compliquée que le précédent, sans
doute même un peu plus.
Le citoyen ordinaire, vous, moi, votre voisin, ma famille, etc...
ne connaissent que le
décibel dB parce que depuis des lustres c'est cette
référence là que nous utilisons pour apprécier
le niveau de bruit émis par un engin quelconque.
En fait nous allons bien devoir nous habituer à
utiliser le dB(A) puisque les autorités du pays
ont décidé que c'est lui qui serait dorénavant
utilisé dans la réglementation mise en place et
cette courbe de pondération A est maintenant installée
systématiquement sur les appareils de mesure, ce qui permet
une lecture directe des niveaux de bruit.
En décembre 2000, le Conseil Economique et Social de Provence-Alpes-Côte
d'Azur a
adopté un rapport intitulé QUELLE POLITIQUE
CONTRE LE BRUIT EN REGION PROCENCE ALPES COTE D'AZUR dans lequel
il n'est d'ailleurs parlé que de dB
Concernant le bruit des avions, le rapport traite essentiellement
celui du transport aérien mais il ne manque pas
de faire gentiment remarquer que s'il est possible d'agir sur
les vols commerciaux et les compagnies aériennes, il n'est
pas toujours aisé de contrôler les nuisances provoquées
par les aéronefs des aérodromes militaires, qu'il
s'agisse d'avions de combat, d'avions d'exercice ou d'hélicoptères
(p.14) Ben voyons ?
On reste perplexe sur la qualité scientifique et
la somme de travail dont ce rapport témoigne, digne de
celui de l'épouse célèbre d'un ancien maire
non moins célèbre.
Le 29 juin 2001, un groupe de travail interministériel
a rédigé un rapport sur le bruit des deux roues
à moteur dans lequel il est rappelé que les limites
des niveaux sonores émis par cette catégorie de
véhicules, va de 66 dB(A) à 80 dB(A) selon le type
(p.15).
On a donc commencé à équiper les forces
de l'ordre (gendarmerie et polices) de
sonomètres permettant de verbaliser les contrevenants,
surtout les mobylettes dont
certaines trafiquées atteignent facilement des 110 dB
(au fait ça fait combien de dB(A) ?)
Il faut tout de même savoir que 3 décibels en moins
c'est deux fois moins de bruit, donc l'intérêt de
connaître ce à quoi nos oreilles sont exposées
est évident parce que cette connaissance permet
de confondre nos interlocuteurs qui, tout en reconnaissant qu'ils
font du bruit, contestent avec plus ou moins de mauvaise foi,
qu'il soit si néfaste que cela à notre santé.
Il existe plusieurs moyens permettant de mesurer les niveaux
de bruit, mais aussi de suivre et enregistrer les mouvements
d'avions et les trajectoires, et d'autres paramètres
plus ou moins utiles, comme les systèmes informatiques
Sonate, Stade et Vitrine testés et utilisés par
les grands aéroports commerciaux dont le champ exploratoire
se situe entre 25 et 30 kilomètres des pistes.
Mais aujourd'hui à JONQUIERES, nous ne sommes toujours
pas capables de connaître avec un maximum de précision,
combien un Mirage 2000 d' d'ORANGE émet de décibels
(avec ou sans A), au décollage avec la postcombustion,
par exemple au moment où il quitte le sol, lorsqu' il
est à 500 mètres de la piste, puis à 1000
mètres, puis , à 2000 mètres au dessus du
clocher de l'église, ou encore à l'atterrissage
et aux mêmes distances.
Pourtant l'armée de l'air dispose de tout ce que
nous devrions également connaître
puisque le ministère de la défense a confirmé
dans une lettre du 13 décembre 1999,
qu'une étude acoustique du site d'ORANGE était
en cours.
Nous n'avons jamais pu en obtenir les résultats ce qui
tendrait à prouver que les militaires n'ont vraiment pas
du tout intérêt à dévoiler la réalité
qui leur serait nettement défavorable.
Lassée de cette ignorance savamment entretenue et
disposant de maigres ressources, l'Association Jonquièroise
Contre les Nuisances Aériennes avait décidé
de s'équiper d'un matériel simple mais efficace,
constitué d'un sonomètre à mémoire
avec logiciel d'interprétation et accessoires.
Elle a donc présenté
un dossier de demande subvention à la Région,
au Département et à dix Communes et reçu
à ce jour une seule réponse définitive,
celle du Département qui considère que l'application
de la Charte doit suffire à connaître les mesures
de bruit réalisées dans le cadre d'un protocole
précis autorisant les comparaisons et par ailleurs
estime qu'il n'entre pas dans ses compétences de participer
au financement de ce type de matériel.
En d'autres termes si les politiques continuent à nous
soutenir intellectuellement, ils font confiance à l'objectivité
des militaires pour que nous connaissions enfin ce qu'ils
nous taisent depuis des années.
C'est faire confiance à un aveugle pour montrer le
chemin.
Voilà ce que l'on peut dire à ce jour sur la
question, toujours sans réponse concrète.
Ah si, j'allais oublier une information de première
importance !
Le 23 août 2002, le préfet de Vaucluse
a pris un arrêté autorisant une entreprise à
poursuivre l'exploitation de son usine à JONQUIERES,
lequel arrêté comprend entre autre, l'obligation
de ne pas dépasser les niveaux sonores suivants:
Période de jour (de 7 h à 22 h sauf dimanches
et jours fériés) 70 dB(A)
Période de nuit (de 22 h à 7 h ainsi que dimanches
et jours fériés) 60 dB(A)
et que des contrôles seront effectués
par un organisme indépendant ou toute personne qualifiée
dont le choix sera soumis à l'approbation de l'administration.
Savoureux non ?
Nous attendons avec impatience un arrêté similaire
fixant les limites de bruit
autorisées à l'exploitant de la plate-forme
aérienne de Caritat, ce que monsieur le préfet
de Vaucluse, si soucieux qu'il est de faire respecter la loi
par les citoyens, et préserver leur santé, ne
saurait différer trop longtemps.
Pour protester
contre les nuisances joignez directement la BA 115
téléphone
: 04 90 115 619 télécopie : 04 90 115 656
E
mail : brp.ba115@fr.oleane.com
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