APRES PLUS DE SOIXANTE
ANS DE COHABITATION DONT QUARANTE D'AGRESSION, LES JONQUIEROIS
N'ABANDONNERONT PAS LEUR TERRE.
CE N'EST PAS AUX JONQUIEROIS
DE S'ADAPTER AUX AVIONS C'EST A EUX DE S'ADAPTER A
NOUS.
Au cours des nombreuses
réunions auxquelles nous avons participé, il est
parfois arrivé que des personnalités civiles, ou
militaires, ont osé avancer la notion du principe
d'antériorité pour justifier que les populations
vivant autour de la base aérienne d'Orange, s'inclinent
devant sa présence et la nuisance de ses activités,
ceci au motif qu'un certain nombre de personnes se plaignant
de la promiscuité de la base, sont venues vivre
là en toute connaissance de cause depuis sa création.
Ce principe accorderait
de manière implicite une certaine priorité, voire
un droit, au primo arrivant qui lui permettrait de disposer
à son gré du territoire sur lequel il est
installé, fut-ce au détriment de ceux qui y sont
arrivés après lui.
Cette tentative fallacieuse
de justification arbitraire d'une agression indiscutable, va
dans le sens de ceux qui ont oeuvré au cours de ces
dernières années, en faveur de la victimisation
des coupables et la culpabilisation des victimes. Regardons
cela d'un peu plus près.
La base aérienne
d'Orange implantée sur les terres de la ferme de Caritat,
là où les trois communes de JONQUIERES, CAMARET
et ORANGE se rejoignent, a été créée
le 31 juin 1939 par Édouard DALADIER, alors
Président du Conseil des Ministres et député
d'Orange, à quelques mois de la déclaration
de guerre.
Elle était composée
d'une piste en herbe d'environ 300 mètres, de 2 ou 3 hangars,
d'1 bâtiment et d'une poignée de coucous. Venir
les voir décoller et atterrir était un spectacle
inhabituel pour les gosses des villages voisins, d'autant plus
qu'il fallait vraiment déployer des prouesses sur
son vélo pour assister à leurs rares évolutions.
C'était une curiosité à
l'époque où il n'y avait pas de télévision,
pas de chaîne HF, pas de téléphone portable,
pas de tronçonneuse, pas de tondeuse à gazon, pas
de motoculteur, par de compresseur de chantier et de marteau-piqueur,
pas de mobylette, pas d'autoroute, pas de T.G.V. et d'avions
à réaction.
Aujourd'hui la BA 115, après des
extensions successives qui ont nécessité la
démolition de la ferme plusieurs fois centenaire du Ramas
et celle du château de Pierre Blanche du 18° siècle,
couvre une superficie de 371 hectares (dont la partie en
A.O.C. Cotes du Rhône vient d'être déclassée
par l'INAO). La piste fait 3000 m de long, 60 m de large et les
bâtiments occupent une surface de 135 000 m?.
Il est donc aisé
de comprendre qu'à l'origine la base aérienne était
quelque chose de quasi insignifiant dans le paysage local, où elle
n'apportait pratiquement aucune nuisance, mais au contraire
créait une animation dans une région très
largement agricole, où seules les fêtes
votives rompaient la monotonie de l'existence.
Entre 1939 et aujourd'hui la
base s'est donc considérablement agrandie, la longueur
de la piste a été multipliée par 10, essentiellement
en direction du village de JONQUIERES puisque au nord, la
barrière de la route d'ORANGE à CAMARET est pour
elle une barrière naturelle qu'elle n'a jamais franchie.
En 1939 JONQUIERES comptait
environ 2500 habitants pour moins de 4000 aujourd'hui. Des traces
d'habitat remontant à l'âge de fer, entre 900
et 500 ans avant Jésus-Christ ont bien été
découvertes et la présence romaine sur les
hauteurs de Pécoulette a également été
constatée.
Mais son existence est réellement
prouvée par un acte religieux de 1126 où le
Palud de Joncquières est donné à Béranger, évêque
d'Orange, puis par une bulle du pape Innocent II en 1137
dans laquelle il confirme à Guillaume, évêque
d'Orange, la possession de l'église de Joncquières.
Très tôt
le lieu fit partie des biens de la maison d'Orange et dans son
testament de 1146, Tiburge princesse d'Orange, légua
le tiers de Joncquières à Rambaud.
En 1150 le fief
de Causans est apporté en dot par Tiburgette fille
de Tiburge, à Adhémar de Vincens dont les
descendants, devenus marquis de Causans, ont habité
le château familial sans discontinuer jusqu'à aujourd'hui
encore. Parmi les seigneurs anciens de Causans on peut citer Bertrand
de Caritat.
Le château
féodal de Malijay a été construit au
XI°siècle et Raymond des Baux, prince d'Orange, le
mentionne dans son testament de 1281. Il ne reste du château
d'origine qu'une tour. La bâtisse actuelle a été
construite dans la première moitié du 18° siècle,
avec les pierres du château féodal détruit
par André Légier de Montfort, dernier baron de
Malijay. Ses descendants l'ont occupé sans interruption,
jusqu'à la mort dramatique et injuste de la comtesse
de la Forest Divonne, le 22 octobre 1944.
Dans le même testament
Raymond des baux, prince d'Orange, fait un don à
l'oeuvre du Pont de l'Ouvèze, hôpital ou asile tenu
par des religieux au lieu dit Beauregard, où le château
actuel fut construit en 1630 et érigé en fief par
Maurice de Nassau, prince d'Orange. De transmission en transmission,
le fief de Beauregard parvint au dernier des marquis
de Billiotti puis à un consul de Suisse qui l'occupa
jusqu'en 1970.
Les seigneurs de Causans
et de Malijay étaient vassaux du prince d'Orange mais
certaines terres du voisinage ont également appartenu
aux Templiers vers 1264, puis à l'Ordre de St Jean de
Jérusalem.
Ces biens Templiers dépendaient
de la Commanderie de Richerenches et on trouve trace de donations
faites à l'Ordre par les familles Jonquièroises
Truc et Marescot, en 1169.
Dans cette partie du territoire
au nord de Jonquières, le domaine de la Costière
faisait très vraisemblablement partie de ces biens de
l'Ordre des Templiers. Quoi qu'il en soit des documents de 1612
font état de la Costière (aussi Entrecans), Malijay,
Saint-Tronquet, Lauron aussi appelé Le Temple et le Reynard
(le Renard). La ferme de la Pinchinière est sans doute
également de cette époque.
Le Clos de l'Escarrat
est cité par une historienne comme ayant été
visité en 1095 par Raimbaud II comte d'Orange (celui d'Antioche
et de Jérusalem dont la statue est au coeur de la ville
d'Orange), et le mas actuel a été construit
en 1678. Il abrite aujourd'hui des chambres d'hôtes très
prisées par une clientèle internationale.
Le premier Hôtel
de Ville de Joncquières a été créé
vers 1680 et lorsqu'il fur transféré en un autre
lieu dans le courant du 18° siècle, l'ancien fut loué
à un habitant nommé Jean Tramier, patronyme très
répandu dans le Jonquières de maintenant. L'Hôtel
de Ville d'aujourd'hui date de 1896 et l'on trouve dans la liste
des Consuls puis Élus de la Commune, entre 1572 et 1939,
de nombreux noms encore très connus dans notre village tels
Andrieu - Aubert Aubery - Augier Barnier Biscarrat
- Bommenel Borrel Bressy - Chabert Chaix
Clavel - Fabre - Fréau Giély
Goumarre - Goussin - Grangeon Guet Icard - Laffanour
- Loubière - Martin Mercier - Monier
- Mounier - Pons Reynard Rognon - Roux - Tramier
- Truc Valette -
Dès le début
du 19° siècle, vers 1808 Jonquières acquiert
son aspect actuel et désormais s'étend hors de
ses anciens murs. Des fermes dispersées se sont installées
et ce fait oblige la commune à aménager ou créer
des chemins vicinaux En 1835 un rapport de Monsieur de Billioti,
maire, signale que tous les chemins sont tracés uniformément
à 6 m de large, bordés d'un fossé latéral
et ce qui les rend exceptionnels ce sont les plantations d'arbres
forestiers dont l'émondage doit suffire à
l'entretien de la route.
Alors oui nous sommes
bien ici chez nous.
Cela n'est plus à
démontrer, et les primo arrivants ce sont bien les Jonquièrois.
Si un principe d'antériorité
doit s'appliquer c'est exclusivement à leur seul
profit.
Notre terre a plusieurs
fois été occupée par des armées d'invasion,
d'abord les Romains, puis les Sarrasins, et les derniers
en date les Germains.
Nous sommes disposés
à vivre en paix avec ceux que nous accueillons sur notre
terre, mais à condition qu'ils ne se comportent pas en
armée d'occupation, brutale, arrogante, méprisante
et qu'ils respectent notre mode de vie, sa qualité et sa
tranquillité.
APRES PLUS DE SOIXANTE
ANS DE COHABITATION DONT QUARANTE D'AGRESSION, LES JONQUIEROIS
N'ABANDONNERONT PAS LEUR TERRE.
CE N'EST PAS AUX JONQUIEROIS
DE S'ADAPTER AUX AVIONS C'EST A EUX DE S'ADAPTER A
NOUS.
S'ILS NE LE VEULENT PAS, IL
NE RESTERA QUE LA SOLUTION DES ROMAINS, DES SARRAZINS ET
DES GERMAINS.
Pour protester contre les
nuisances joignez directement la BA 115
L'AJCNA
Jonquières a pour objet de lutter en faveur des riverains
d'aérodromes contre les nuisances aériennes, les
nuisances sonores, occasionnées par les Mirages 2000 et
autres avions de combat de la base aérienne 115. L'AJCNA
refuse l'implantation du futur avion Rafale en raison de la pollution
de l'environnement, tant sonore que de l'air dont il est la source.
L'ajcna est membre de l'UFCNA (Union Française Contre
les Nuisances Aériennes)