Le trafic aérien va doubler d'ici 2015 ! Cet accroissement du trafic et sa concentration sur des aéroports urbains posent le problème du développement durable de l'aviation civile. Les populations survolées sont victimes d'agressions chimiques et sonores perpétuelles, de jour comme de nuit, et cela pose un véritable problème de santé publique. Autour des aéroports, les scientifiques mesurent le désastre : Alain Muzet, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique, aboutit aux conclusions suivantes : consultations et consommations médicales en augmentation de 50 %, consultations de psychologues et psychiatres en accroissement de 58 %, décès pour raisons cardio-vasculaires font un bond de 18 % Et l'Etat tarde à nous protéger.
Pire ! Influencé par le lobby aéronautique, l'Etat français persévère dans la réalisation d'un programme d'un autre âge, celui du " tout Roissy ", très centralisateur et inefficace en terme d'aménagement du territoire. Les travaux du terminal E se termineront en 2003. Une tour de contrôle supplémentaire est programmée. Entre 2004 et 2007, la construction de deux satellites et l'embarquement des voyageurs à la gare de l'Est sont annoncés. L'Etat concentre les nuisances aériennes en Ile-de-France, son territoire le plus urbanisé ! Objectif inavoué pour Roissy ? Passer de 55 à 80 millions de passagers par an et devenir le plus grand aéroport du monde après celui d'Atlanta.
Autre ineptie : la France désire concentrer le fret aérien à Roissy. Aucun autre pays ne développe ses activités de la sorte, préférant diriger le fret sur des sites moins urbanisés. L'implantation récente de FEDEX à Roissy, grande compagnie de fret aérien, est très contestable !
Néanmoins, on ne compte plus les promesses de moindres nuisances faites par l'Etat ! En 1997, la construction de deux pistes supplémentaires à Roissy fut assortie d'une limitation de la capacité de l'aéroport à 55 millions de passagers. M. Gayssot promettait le maintien du niveau des nuisances sonores de 1997, déjà inacceptables. Dans le même temps, les plans secrets d'extension de Roissy étaient élaborés et le gouvernement agitait l'éventualité d'un troisième aéroport. Projet bien vite oublié. En 2002 avec Chaulnes, comme en 1996 avec Beauvilliers, les gouvernements successifs ont gagné six années pour développer Roissy, un aéroport qu'il faudra démonter partiellement demain.
L'ADVOCNAR milite pour l'abandon des investissements à Roissy et l'utilisation de l'aéroport de Vatry dans la Marne. Cet aéroport international, parfaitement opérationnel et répondant aux contraintes du fret aérien, permettrait de soulager Roissy. Cependant, la Direction générale de l'aviation civile (l'Etat), refuse d'accorder les droits de décollage aux compagnies aériennes désireuses d'utiliser Vatry. Avec 7 habitants au km2, le plan d'exposition au bruit de l'aéroport ne concerne que 3 communes (381 habitants pour 141 logements). Vatry est une solution de moindres nuisances qui répond en tout point aux objectifs de politique générale présentés par Jean-Pierre Raffarin le 3 juillet 2002. Ce dernier déclarait en effet : " Dans la mondialisation que nous vivons, les réponses de la France ne sont pas celles du gigantisme ou de la concentration. () Notre politique des transports privilégiera un développement soucieux de l'environnement et de limitation des nuisances. Je pense aux grands projets d'infrastructure et leurs effets sur l'environnement et les hommes, à l'instar des nuisances sonores à proximité des aéroports " Monsieur le Premier ministre, des actes !
France-Soir, samedi 27 juillet 2002.