Voynet: 3e aéroport "pas scandaleux" si la procédure est transparente

PARIS (AFP) - jeudi 26 octobre 2000 - 15h05 Une décision de principe du gouvernement en faveur de la construction d'un troisième aéroport dans le bassin parisien n'est "pas scandaleuse" si elle s'accompagne d'un "débat ouvert et transparent sur le site qui sera retenu", a estimé jeudi midi la ministre de l'environnement Dominique Voynet.

Le gouvernement devrait donner jeudi son accord de principe à la construction d'un troisième aéroport international afin de désengorger les deux aéroports parisiens de Roissy et Orly, en dépit de l'opposition résolue de la composante écologiste de la majorité.

"Je vais me battre jusqu'au bout pour une démarche transparente", a souligné Mme Voynet lors d'un point avec quelques journalistes. Elle souhaite notamment que le débat soit porté devant la Commission nationale du débat public.


« ALLER À LA BAGARRE » ( extrait du MONDE M Scoto 26/10/2000)

Pourtant, il y a quelques jours, Noël Mamère, député Vert de Gironde, avait déclaré que Mme Voynet et Guy Hascoët, secrétaire d'Etat à l'économie solidaire, pourraient démissionner, « si la logique économique imposée par les grandes compagnies aériennes » devait peser sur la décision de construction de ce nouvel aéroport. Denis Baupin, porte-parole des Verts, avait, mercredi, écarté un départ des ministres de son mouvement du gouvernement, mais avait annoncé que les militants « étaient décidés à aller à la bagarre » contre ce projet. Interrogée sur ces déclarations de Denis Baupin, Mme Voynet a simplement répondu : « Lui, c'est lui, et moi, c'est moi. »


Opposition des Verts

Le dossier du troisième aéroport, évoqué depuis plusieurs années pour faire face à la saturation de l'aéroport de Roissy, avait été relancé cet été par la catastrophe du Concorde. Partisan résolu de ce projet, le ministre des Transports Jean-Claude Gayssot a promis de limiter à 55 millions par an le nombre de passagers transitant par Roissy, contre 48 millions actuellement.
Ce projet est combattu par Dominique Voynet et par les Verts, à la fois pour des raisons environnementales et d'aménagement du territoire.
Lionel Jospin s'est donc contenté d'une décision de principe, habillée de multiples précautions pour ne pas froisser les susceptiblités écologistes. La décision sur l'implantation de cette plate-forme aéroportuaire serait ainsi repoussée à plus tard.
D'autres projets de schémas de services collectifs prévus par la loi Voynet du 25 juin 1999 sur l'aménagement du territoire devaient être annoncés à l'issue de cette réunion par le Premier ministre. Lionel Jospin doit notamment rendre un arbitrage très sensible sur la construction de l'autoroute A51 entre Grenoble et Sisteron, qui fait également l'objet d'un bras de fer entre les ministères de l'Equipement et de l'Environnement. (AP)

Nouvel Observateur le 26/10/2000