Intervention de Bertrand Landrieu, prŽfet de la rŽgion d'Ile-de-France, prŽfet de Paris


source

http://www.idf.pref.gouv.fr/biblio/discours/2006/Etats_generaux_SDRIF.htm

Etats gŽnŽraux du SDRIF
29 novembre 2006

Intervention de Bertrand Landrieu,
prŽfet de la rŽgion d'Ile-de-France, prŽfet de Paris

Monsieur le PrŽsident du CESR,
Madame la Vice-PrŽsidente du Conseil rŽgional,
Messieurs les PrŽsidents de Conseils gŽnŽraux,
Mesdames et Messieurs les Žlus,
Mesdames et Messieurs

Notre rencontre de cet aprs-midi est ˆ lĠŽvidence une Žtape cruciale de la rŽvision du SDRIF que le Conseil rŽgional a engagŽe avec lĠensemble des partenaires depuis deux ans. En effet, aprs avoir approuvŽ, en juin dernier, une vision rŽgionale, qui donnait les premiers ŽlŽments stratŽgiques et dĠorientations que la RŽgion souhaitait exprimer dans le SDRIF, le Conseil rŽgional nous prŽsente aujourdĠhui un "projet de SDRIF".

Jean-Paul HUCHON mĠa remis une premire version de ce projet le 15 novembre dernier. Je sais quĠil fera lĠobjet dĠune prŽsentation approfondie dans la seconde partie de cet aprs-midi. Compte tenu de lĠorganisation de ce dŽbat, je suis conduis ˆ vous faire part des premires rŽactions que suscite la lecture de ce document.

En premier lieu, je tiens ˆ saluer le travail qui a ŽtŽ rŽalisŽ par les Žquipes du Conseil rŽgional, sous la fŽrule bienveillante de Mireille Ferri, et de lĠIAURIF pour produire ce document, extrmement riche et argumentŽ. A lĠŽvidence, par rapport ˆ la vision rŽgionale de juin, il y a une avancŽe trs significative vers ce que pourrait tre un SDRIF, en particulier pour ce qui concerne la traduction territoriale des orientations qui apparaissaient dans la vision rŽgionale. Nous devrons, toutefois, en faire une lecture trs attentive pour mieux identifier ce qui relve vŽritablement dĠun document dĠurbanisme tel que le SDRIF doit lĠtre. Il nous faudra clairement dŽgager les aspects normatifs et prescriptifs, afin notamment dĠŽviter tout "nid ˆ contentieux" dans la mise en Ïuvre du document.

Sur le contenu du document lui-mme, je dois indiquer que le Gouvernement ne retrouve pas un certain nombre des enjeux quĠil porte et qui Žtaient notamment ŽvoquŽs dans le mandat qui mĠa ŽtŽ confiŽ en septembre 2005. Par ailleurs, je ne peux pas, ˆ ce stade, partager certaines des rŽdactions actuelles qui figurent dans ce document.

En matire routire, je ne peux pas donner mon aval au fait que les dŽcisions les plus rŽcentes du Ministre des transports, de lĠŽquipement, du tourisme et de la mer, sur le prolongement de la Francilienne, sur le prolongement de lĠA12 et sur lĠenfouissement de la RN 13 ne soient pas prises en compte.

Pour ce qui concerne les OpŽrations dĠIntŽrt National (OIN), sur lesquelles le texte actuel laisse planer un certain nombre de rŽserves, jĠavoue mon Žtonnement. Je nĠavais pas dŽcelŽ, au cours des rŽunions que jĠai tenues avec tous les Žlus concernŽs, un tel Žcart de point de vue ; en particulier sur lĠOIN de Seine Aval et sur lĠOIN Orly Rungis Seine Amont. JĠavais plut™t le sentiment que nous partagions les grands objectifs de ces opŽrations. De ce point de vue, il me semble que nous devrions pouvoir trouver, sans trop de difficultŽ, des formulations mieux partagŽes.

Concernant le devenir des plateformes aŽroportuaires, je tiens ˆ indiquer trs clairement que ce nĠest pas au SDRIF, qui est un document dĠurbanisme, de postuler sur un Žventuel plafonnement du nombre de mouvements ou sur la mise en place dĠun couvre-feu.

Enfin, le document laisse appara”tre une rŽduction sensible du volume dĠespaces urbanisables. Je souhaite quĠune analyse trs prŽcise soit menŽe sur ce thme pour que nous nous assurions que cela ne remet pas en cause lĠatteinte de lĠobjectif de construction de 60 000 logements neufs par an que nous nous sommes, Etat et Conseil rŽgional, communŽment fixŽs.

JĠai bien entendu, Monsieur le PrŽsident, au cours du comitŽ de pilotage Žlargi aux Chambres consulaires et aux Conseils gŽnŽraux, que nous avons tenu hier, que vous Žtiez prt ˆ ouvrir la discussion sur ces sujets et quĠil y avait une marge dĠŽvolution rŽelle pour ce document. Je ne peux que renouveler ici lĠinvitation que je vous ai faite au cours de cette rŽunion, de redonner du souffle au travail partenarial entre le Conseil rŽgional et lĠEtat, afin que nous trouvions des points de convergence sur un maximum de questions. Et nous le savons, Monsieur le PrŽsident, cette possibilitŽ est rŽelle.

Cette rŽunion du comitŽ de pilotage Žlargi a montrŽ que les Conseils gŽnŽraux avaient, eux aussi, de nombreuses remarques et interrogations ˆ formuler sur le document ; et sur des sujets dĠimportance. Je suis conduis ˆ mĠinterroger sur le dŽlai que vous avez fixŽ pour formuler ces observations et rassembler les points de vue. Je rappelle, en disant ceci, que le mandat du Gouvernement me fait obligation de mĠassurer du respect du principe constitutionnel de non-tutelle dĠune collectivitŽ sur une autre. Par ailleurs, il est de mon devoir de vous interroger, sur lĠarticulation entre le calendrier que vous nous avez prŽsentŽ et le calendrier Žlectoral national. En effet, dans le calendrier actuel, la nouvelle Žquipe gouvernementale serait amenŽe, en 2008, ˆ approuver, par dŽcret, un document sur le contenu duquel elle nĠaurait pas eu lĠoccasion de prendre position, et ce, dans le strict respect de la continuitŽ gouvernementale. Cela pourrait tre source de difficultŽs dans cette Žtape ultime de la rŽvision. Je soumets simplement ces ŽlŽments ˆ votre apprŽciation.

Voilˆ, Mesdames et Messieurs, en quelques mots, les premires rŽactions que suscite cette premire version du projet de SDRIF, sur laquelle je souhaite vivement que le travail partenarial joue pleinement son r™le et je sais que lĠexŽcutif rŽgional y est disposŽ. Nous sommes, ˆ un moment trs important pour le devenir de lĠIle-de-France. Nous travaillons sur un document qui va dŽfinir la politique dĠamŽnagement et de dŽveloppement de lĠIle-de-France pour les 15 ˆ 20 prochaines annŽes. Cela justifie, amplement, jĠespre aux yeux de tous, que nous prenions le temps nŽcessaire aux discussions sur les ŽlŽments fondamentaux qui le constituent.

En conclusion, je rappelle quĠau dŽbut de la dŽmarche de rŽvision du SDRIF, le Conseil rŽgional, lĠEtat et le CESR ont Žtabli un bilan partagŽ du SDRIF de 1994. Ce bilan, commun aux trois partenaires, a soulignŽ quĠune des difficultŽs de mise en Ïuvre du SDRIF de 1994 rŽsidait dans lĠabsence dĠappropriation du document par lĠensemble des acteurs, faute dĠun consensus initial. Sachons aujourdĠhui tirer les enseignements de ce constat et prendre le temps de trouver les compromis nŽcessaires.

Je vous remercie de votre attention.