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Quel avenir pour lÕaŽroport dÕOrly dans un contexte Žconomique en dŽclin?
L'Ile-de-France est malade
Les chiffres sont ttus : depuis une dizaine d'annŽes Paris intra-muros a perdu plus de 200 000 emplois, chaque annŽe 50 000 franciliens quittent leur rŽgion. Les conditions de transport journalier sont vŽcues comme une entrave ˆ la libertŽ de se dŽplacer pour les millions de banlieusards qui se rendent quotidiennement sur leurs lieux de travail. Les grands bastions industriels qui faisaient la richesse de la rŽgion parisienne se sont tus et les grands quartiers d'affaires n'offrent plus d'espace de respiration ˆ l'instar de celui de la DŽfense. La pollution liŽe au trafic aŽrien de lÕaŽroport dÕOrly Žquivaudrait ˆ la moitiŽ de celui du boulevard pŽriphŽrique parisien. Autant de signes alarmants parmi tant dÕautres qui influent sur le lent appauvrissement que conna”t notre rŽgion. Le dŽcalage grandit entre la rŽgion capitale, malade, et le reste de la France qui se modernise ˆ grand pas. La capitale, victime de son succs, n'arrive plus ˆ inverser cette tendance et la demande citoyenne exprime ce paradoxe : le parisien souhaite retrouver une qualitŽ de vie que l'ordre Žconomique lui a confisquŽe.
Le francilien lui embo”te le pas.
L'aveuglement de la conception Žconomique comme seul ressort au dŽveloppement, nous condamne au dŽclin et il ne semble pas y avoir de marge de manÏuvre entre pouvoir Žconomique et dŽveloppement durable.
Orly, un territoire ˆ reconquŽrir ?
Ainsi, les aŽroports que nous admirions ˆ leur naissance sont considŽrŽs comme des offenses faites ˆ notre cadre de vie. L'aŽroport d'Orly qui fut un pilier de l'essor de la rŽgion est devenu l'ennemi n¡ 1 des associations de dŽfense de l'environnement. Construit dans les annŽes cinquante, en pleine zone urbaine, Orly apportait le travail, donc l'emploi, et chacun s'en fŽlicitait. Vouloir lui donner un nouvel avenir aujourd'hui relve de l'erreur stratŽgique dont nos responsables politiques ne se remettront pas. Car Orly, lui aussi victime de son image, va continuer ˆ gangrener les zones d'habitation en favorisant la fuite des habitants vers des lieux plus hospitaliers. En outre, les communes qui bŽnŽficient de la taxe professionnelle* liŽe aux retombŽes Žconomiques des activitŽs aŽroportuaires ne rŽalisent pas ce qu'elles perdent en misant sur un hypothŽtique dŽveloppement de l'aŽroport. A commencer par la valeur foncire des terrains qui ont tout ˆ gagner d'un autre usage, en crŽant les conditions d'un nouveau territoire d'emplois pour stopper le dŽclin rŽgional, en favorisant la construction diversifiŽe de logements pour faire face ˆ une demande non satisfaite, en rŽorganisant les entrŽes des communes riveraines abandonnŽes aux plateformes logistiques disgracieuses, en rŽamŽnageant les axes de circulations actuellement totalement ŽtranglŽs. En d'autres termes, il s'agit de redessiner les contours d'un territoire qui a ŽtŽ abandonnŽ au seul bŽnŽfice d'un employeur peu soucieux des aspects environnementaux. Cette alternative a sans doute ŽtŽ envisagŽe, mais comme d'habitude la parole citoyenne est confisquŽe au seul profit de nos savants experts qui dŽcident ˆ Paris ce qui convient le mieux pour nous (le mal franais).
Pourtant la logique voudrait que Roissy, implantŽ ds le dŽpart hors zone urbaine, soit le pilier du dŽveloppement du transport aŽrien. La deuxime plate-forme pouvant se situer ˆ Vatry actuellement sous utilisŽ et plus particulirement rŽservŽe au fret. Enfin, l'extension du trafic ferroviaire avec le TGV doit constituer le maillage nŽcessaire aux liens avec les grandes villes franaises et d'ailleurs.
Pour tous ces motifs, il nous faut convaincre les rŽticences et les incomprŽhensions en lanant le dŽbat sur la fin programmŽe de l'aŽroport d'Orly, le plus t™t possible pour Žviter la poursuite des recettes ŽculŽes qui contribuent au lent appauvrissement de notre rŽgion. Il est de notre devoir de redonner un formidable espoir aux gŽnŽrations futures ˆ partir d'un projet d'amŽnagement d'envergure nationale.
Jean-Pierre Moulin, urbaniste
* sous forme de pŽrŽquation entre communes concernŽes par les nuisances aŽriennes ou Taxe Professionnelle perue sur les Žtablissements exceptionnels comme Air France.
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